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15/09/2013

Demain, ce sera l'anniversaire...SOUVENIR: José Tomas pour l’éternité...1/2

 

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24h après la magie opère toujours. Et plus encore…

La jouissance d’avoir vécu, et de très loin, son plus grand moment dans une plaza après 35 ans d’aficion. Mais aussi, la frustration d’avoir la conviction que jamais on ne vivra pareille émotion, une telle pureté, un moment de perfection écrit par un torero qui évoluait hier dans une autre galaxie et qui en est redescendu seulement pour sortir par la Porte des Consuls. En Empereur…


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24h après la magie opère toujours. Et plus encore…

La jouissance d’avoir vécu, et de très loin, son plus grand moment dans une plaza après 35 ans d’aficion. Mais aussi, la frustration d’avoir la conviction que jamais on ne vivra pareille émotion, une telle pureté, un moment de perfection écrit par un torero qui évoluait hier dans une autre galaxie et qui en est redescendu seulement pour sortir par la Porte des Consuls. En Empereur…

D’ailleurs, j’ai définitivement renoncé à écrire une resena de cette corrida quand j’ai revu les videos de la course. Si elles sont magnifiques, elles sont un témoignage très éloigné de ce qu’ont vécu 13 000 aficionados pour qui la vie s’est suspendue pendant deux heures et demi. Il y a des moments que les mots ne peuvent décrire…

 

Alors, on va parler de sentiment et de toreo.

 

Evacuons immédiatement les éléments factuels qui sont bien anecdotiques. Oui sur les onze oreilles, une ou deux étaient peut-être généreuses. Oui l’indulto ne se justifiait pas (toro saute dans le callejon avant de prendre deux piques sans classe). Mais l’essentiel est bien ailleurs…

 

On pourrait évoquer aussi un José Tomas fantastique à la cape –seul Morante peut soutenir la comparaison- ses six quites emplints de créativité et de pureté, ses quatre estocades magistrales (seule la dernière était un brin en deçà), de ce temple, de cette main relâchée, de ses toques soyeux comme le tissu de son capote, de ce palo de la muleta toujours orienté vers le bas, de ces naturelles de face qui ont amené la grâce…

 

Mais là encore, seuls les 13 000 spectateurs pourront comprendre… Fallait vivre ce moment de fraternité quand le public s’est retrouvé sur le parvis des arènes, les yeux rougis par l’émotion, sans mot, le regard hagard comme si vous veniez d’assister à un accident tragique.

 

D’ailleurs, ce 16 septembre a t’on vécu la plus belle corrida de l’histoire du toreo ou ses funérailles ?

 

Oui, José Tomas n’a t’il pas réservé son 6ème coup d’épée, celui qu’il aurait du porter au toro de Parladé, à la Fiesta ?

 

C’est déjà une faute de réaliser trois paseos dans la temporada quand on a tant à dire dans les ruedos. Mais, oser porter le toreo dans une telle dimension met forcément en danger l’aficion des 13 000 spectateurs. Conscient que plus jamais la magie ne serait identique. Espérons que ces privilégiés, ces frères, qui ont communié avec J.T et la Fiesta, aimeront suffisamment les toros pour continuer à ingurgiter des faenas de 80 passes souvent insignifiantes.

 

Car en trois ou quatre séries sur une faena, José Tomas a raconté le toreo comme aucun autre torero ne pourra le faire en trois faenas de 80 passes (cf la performance de l’ancien numéro un de l’escalafon à 17h30…). Des faenas que certains trouveront divertissantes. D’autres vulgaires ou insipides. C’est selon…

 

Après cet agréable moment de mélancolie, notre optimisme va reprendre le dessus. On espère que ses enfants et ses petits-enfants auront encore le droit d’assister à la Fiesta Nacional. On se réjouit de pouvoir leur raconter, quand on sera grabataire, que OUI on a vu toréer José Tomas et OUI on était bien le 16 septembre 2012 à Nîmes.

 

On jouera certainement les anciens-combattants en leur expliquant que le toreo "c’était autre chose à notre époque". Continuons à rêver un instant…

 

Peut-être que le Martien de Galapagar – Monstre n’est plus adaptée car J.T n’est pas une vulgaire copie du grand Manolete- aura depuis générer des vocations (qui aurait cru qu’Usain Bolt trouverait un concurrent crédible ?).

 

Peut-être que la Fiesta ne dira pas « J.T m’a TUER » mais au contraire Tomas aura mis un point final aux dérives du toreo moderne pour revenir au minimalisme et à l’essence ce cet Art unique.

 

Tout bien réfléchi José, on ne t’en veut pas, et on prie juste pour que tu dispenses encore ton génie pendant quelques temporadas …

 

… et on va juste te féliciter en deux mots aussi simples que ton toreo en te disant « MERCI et ENCORE »…

 

Stéphan Guin.

 

09:30 Publié dans Actualité, Resena | Commentaires (3) |  Facebook | |

Commentaires

Emouvant, merveilleux,il a illuminé la tauromachie

Écrit par : Olmo | 17/09/2012

Oui, c'est tout à fait ça! pour une tentative de chronique de cette corrida, torosrecuerdos.blogs.midilibre.fr ou www.tororecuerdo.com

Écrit par : Joël Boyer | 22/09/2012

Tellement bien dit!! Pour avoir assisté à LA corrida, je trouve votre article incroyable. J'ai moi-même du mal a exprimer ce que j'ai ressenti ce jour là quand je parle avec des amis aficionados. L'impression que le temps s'est arrêté ce jour là et qu'une présence divine veillait sur nous... Indescriptible

Écrit par : MRV | 20/05/2014

Les commentaires sont fermés.