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24/09/2012

Vidéo et Resena: José Maria, Prince de la Maestranza…

PORTRAIT MANZANARES.JPG

L’amour donne des ailes... surtout quand une passion unit un Maestro avec la Maestranza et que Joaquin Nunez del Cuvillo leur offre des présents qui épousent parfaitement le toreo de José Maria Manzanares. Immobilisé 48h plus tôt, des rumeurs couraient déjà pour annoncer un fin de carrière prématurée du maestro d’Alicante.


Mais José Maria semblait prêt à dépasser ses souffrances pour séduire une nouvelle fois Séville qui a toujours eu les yeux de Chimène pour le play-boy de l’escalafon. Bien avant la grâce d’Arrojado le 30 avril 2011, la Maestranza a toujours gémi au poignet velouté de José Maria Manzanares. En souvenir peut-être de ce père qui, lui aussi, avait gagné son statut d’idole sur les rives du Guadalquivir et que José Maria junior a porté, en larmes, sur ces épaules pour lui offrir une dernière « Puerta del Principe » pour sa despedida.

Pour recevoir son Cuvillo, Manzanares s’est agenouillé sur le sable face au toril pour envoyer un message à tout Séville dans une posture bien inhabituelle chez lui. A porta gayola, il débute par une larga face au colorado et fais lever la Maestranza sous la musique en enchaînant une demi-douzaine de veroniques et une media Belmontina. Le numéro un de la temporada 2011 déclinera ensuite son toreo, certes décentré, devant des tendidos en ébullition.


Le répertoire sera récité sans fausse note : enganches bien en avant, muletazos profonds et largos sur les deux cornes et un poignet velouté qui permet à Manzanares de modifier à souhait les axes des embestidas du Cuvillo.

Et surtout cette capacité à baisser la main et réaliser des remates parfaits en laissant perpétuellement la muleta sur le mufle du toro pour dessiner des passes sans fin conclues de trincherazos. Par miracle, José Maria a retrouvé à Séville son sitio au recibir, oublié à Nîmes 8 jours plus tôt, et deux oreilles tombaient du palco.

Lors du second tercio, on a également aperçu le courage d’un Manzanares chef de clan, qui s’est précipité a « cuerpo limpio » sur la queue du toro qui avait dramatiquement bloqué son banderillero Luis Blasquez sous l’estribo, contre les planches.


Manzanares montrait d’emblée sa soif d’ouvrir la « Puerta del Principe » en retournant « a porta gayola » face au 3ème du fer de Juan Pedro Domecq. Après une série de chicuelinas, la Maestranza a retenu son souffle quand son José Maria, remonté comme un novillero, a subi une voltereta au centre du ruedo. Mais la faena face à ce Juan Pedro faiblard restera sans envergure. Il fallait une happy-end à cette dernière tarde de la temporada. Durant la faena du dernier Domecq, la magie opère une nouvelle fois et le Maestro sert sa meilleure partition pour aller chercher ce triomphe. Même si une demi-lame et un descabello réduiront sa moisson à une oreille. A base de lenteur, de profondeur, de toreo en redondo et de ligazon…

Nouvelle Puerta Grande et tout Séville  reconduira son torero le long du Paseo Colon vers son Hôtel, a hombros, acclamé par tout une ville.


Alejandro Talavante n’est pas resté simple témoin de cette romance. Peu aidé par le bétail, il a encore montré son courage en recevant, lui aussi, son premier a porta gayola pour le conduire ensuite avec des parones templés au centre du ruedo. Le bétail ne l’a jamais aidé, mais le maestro n’a pas bougé un orteil et l’oreille obtenue de son second témoigne imparfaitement de son impact sur la Feria. 

19:24 Publié dans Resena | Commentaires (0) |  Facebook | |

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