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21/10/2013

(Vidéo) Hommage à El Fundi, invité d'honneur des 31è journées taurines de Béziers: Seconde partie de l'entretien au campo.

DSC_0388.JPGClick sur Photo pour voir album.

Seconde partie de l'entretien réalisé cet hiver dans la ganaderia de Vicente Ruiz. Ce soir, l'ancien élève de l'école taurine de Madrid avec Joselito fera son ultime paseo à Las Ventas dont les portes lui sont toujours restées fermées. Muchissima Suerte Maestro...


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Pourquoi faire un don pour la ILP alors que vous allez prendre votre retraite ?

C’est important de prouver aux anti-taurins et aux politiques que les professionnels taurins sont également organisés pour promouvoir la Fiesta et défendre leur profession. J’ai été sollicité par ce mouvement quand il manquait d’argent pour conquérir les dernières signatures nécessaires. J’ai apporté ma petite contribution avec beaucoup de plaisir.

L’arrivée du Partido Popular peut-il contribuer à protéger la Fiesta et favoriser le retour des toros à Barcelone ?

J’en suis convaincu. Le précédent gouvernement n’a jamais rien fait en faveur de la Fiesta. Et a même pris parfois certaines mesures contre la Fiesta. Le Partido Popular est traditionnellement plus favorable à la corrida et les premiers messages envoyés par ce gouvernement semblent montrer qu’ils soutiendront plus la Fiesta.

Comment souhaitez-vous construire cette saison d’adieu ?

Je suis ouvert à tout type de corridas pourvu qu’elles soient dignes d’intérêts et qu’elles aient de la catégorie. Je n’ai pas programmé un volume de 10, 20 ou 40 courses. Peu m’importe que l’élevage soit dur ou réputé plus facile. L’essentiel est que le cartel, la plaza et les toros soient intéressants. Et que je perçoive un cachet qui me paraît convenable.

Votre dernier rêve de matador de toros ?

Triompher à Madrid est le rêve ultime, celui de toute une vie. J’aimerais enfin avoir une grande tarde dans ces arènes pour que cette aficion dise qu’El Fundi était un torerazo qui mérite le respect de sa profession. Madrid a toujours été dure avec moi. Pourtant, je suis Madrilène et spécialiste des corridas dures qu’apprécie cette aficion. Ils m’ont longtemps fait payer une altercation avec le Tendido 7 à qui j’avais tourné le dos durant une vuelta le jour de ma confirmation d’alternative. Mais je dois reconnaître que je me suis mis toujours beaucoup de pression à Las Ventas et je n’ai jamais été à mon meilleur niveau dans ce ruedo. Les choses se sont améliorées depuis mais je garde ce poids, ce regret de ne pas avoir triomphé dans mes arènes. J’aimerais tellement m’en débarrasser avant de partir et conserver une saveur agréable…

Aucune rancœur qu’El Fundi soit considéré seulement comme un grand professionnel respecté dans les corridas dures sans jamais accéder aux meilleurs cartels?

Je suis content de mon parcours. Mais je me suis souvent posé la question de savoir pourquoi je n’ai pas été capable d’exprimer plus tôt mon potentiel. Pourquoi il m’a fallu attendre l’année 2008 pour enfin intégrer les grands cartels ? Peut-être en étais je incapable avant ? Ou mes apoderados de l’époque n’avaient pas le poids suffisant ? Les choses se sont déroulées ainsi et au final, le seul responsable de cette reconnaissance tardive, c’est moi.

Peut-être que le plus bel hommage à votre trajectoire a été celui de José Tomas qui vous a imposé pour ouvrir ses cartels et a même demandé d’être pris en photo en votre compagnie ?

 DSC_0189.JPGC’est évident qu’un torero de légende comme José Tomas qui demande aux plus grandes arènes El Fundi pour lui ouvrir le cartel me remplit de satisfaction. Ce fut un honneur extraordinaire.

 

 

Quand vous-êtes vous le plus rapproché de la faena parfaite ?

Les toreros, nous disons toujours que l’on ne réalise jamais la faena parfaite. On regrette toujours un toque que l’on aurait du modifier, un début ou une conclusion que l’on aurait du changer… J’ai plein de grandes faenas qui restent gravées dans ma mémoire mais aucune n’était parfaite. Je me souviens par exemple d’un toro de Miura en Arles que j’ai torée au ralenti de la main gauche avec une demi-muleta, d’un toro à Dax à la cape, ou d’un Victorino Martin que j’ai torée de façon extraordinaire dans un pueblo en Espagne.

Le public français vous a toujours été très fidèle même lors des périodes difficiles ?

La France m’a permis de lancer vraiment ma carrière. Après avoir traversé une période de « bache », c’est la France qui m’a permis de me relancer vers les sommets. Et quand j’ai annoncé ma retraite, les premiers qui ont appelé m’ont apoderado Raul Galindo, ce sont les impresarios français. Rapidement, on a conclu des cartels pour Arles, Céret, Vic et Istres. Cela veut tout dire sur mon lien avec votre aficion.

Votre avenir sera t’il dans les toros ?

Certainement car je n’ai pas fait grand chose en dehors du monde du toro. J’aime beaucoup le campo et je possède depuis longtemps un fer reconnu par la Union des ganaderos même si je n’ai pas encore de bétail. Je ne sais pas encore si j’aiderai un torero ou si j’achèterai du bétail pour créer ma ganaderia –même si ce n’est pas un business rentable- mais je vois mon avenir dans les toros.

Ne voulez-vous pas prendre la succession de votre beau-père José Escolar Gil ?

C’est une possibilité évidemment. Mais faudrait-il encore qu’il veuille la céder. Mais le campo est ma priorité car ganadero est un activité qui me motive, m’enthousiasme et dans laquelle je pense pouvoir m’épanouir.

 

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Réalisé pour TORO MAG le 22 janvier 2012.

 

08:33 Publié dans Entretiens | Commentaires (0) |  Facebook | |

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