Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

02/12/2012

Videos du TOP 10 des toreros: on débute par MANOLETE...

manolete,video manolete,histoire du toreoEn cette période hivernale où l'actualité se résume à quelques rumeurs du Mundillo et à la temporada américaine, Corrida y Campo se lance dans un classement des toreros qui ont le plus marqué 35 ans d'aficion.

Ce Top 10 n'a pas la prétention d'établir une hiérarchie dans les toreros depuis 1975 car il n'y a rien de plus ridicule que comparer des artistes ou des maestros d'époques différentes.

Il représente juste les toreros qui m'ont marqué dans les arènes soit par leur dimension artistique, affective ou historique quand, gamin, les anciens me racontaient les faenas des toreros de leur époque.

Ce top 10, que l'on déclinera au quotidien à travers des vidéos, comprendra 12 membres car après avoir établi un listing de 10 toreros, il manquait au palmarès un belluaire, un lidiador capable d'affronter le bétail que les figuras actuelles refusent.

Le choix se portera sur Ruiz Miguel, mais l'actualité m'a fait longuement hésité avec El Fundi.

Mais impossible de parler des toreros qui m'ont marqué sans évoquer Manolete.

Évidemment, il est décédé depuis 65 ans suite à la cornada d'Islero et je ne l'ai jamais connu. Mais, il reste un révolutionnaire du toreo, un personnage mytique et mystique dont la trajectoire me passionne et m'a conduit à lire de multiples livres lui étant consacré. Dommage que le film récemment produit soit si décevant...

 

 


Issue d'une lignée de toreros (son père et son grand-père s'annonçaient déjà sous le nom de Manolete et sa mère Doña Angustias était mariée, en 1ère noce, à Largartijo Chico) Manuel Laureano Rodríguez Sánchez est né à Cordoba le 4 juillet 1917. Atteint par une pneumonie à l'âge de deux ans, il était un enfant chétif au visage émacié. Il conservera jusqu'à sa mort son regard vide et cette apparence triste et morose.

Avant de devenir le 4ème Calife de la tauromachie (après Largatijo, Guerrita et Machaquito) et de tomber sous la corne d'Islero à Linares le 29 août 1947, Manolete n'a pas connu un carrière rectiligne.

Il fera ses débuts à l'âge de 16 ans pour assurer la partie sérieuse des spectacles comico-taurins, exercice dans lequel il fera son seul combat en France dans les arènes de Nîmes et Arles.

Le 12 août 1933, il fera ses débuts dans ses arènes de Cordoba alors que son style et son physique atypique ne faisaient pas l'unanimité dans l'aficion de la cité andalouse. Il se présentera ensuite à Madrid comme novillero en mai 1935. 

Quand il prend son alternative à Séville le 2 juillet 1939 des mains de Chicuelo et de Gitanillo de Triana, Manolete sait qu'il devra combattre pour conquérir des cartels. Ses 50 novilladas tuées n'ont pas toutes été de grand succès. Pied de nez pour celui qui sera considéré comme un symbole du Franquisme (bien que le Maestro se soit toujours défendu de ses liens avec le Caudillo), son toro d'alternative se nomme "communista" et, au lendemain de la guerre civile, son nom sera changé pour "mirador".

Patron de l'escalafon durant les années 40, véritable idole au Mexique où il aimait se ressourcer quand l'aficion espagnole le critiquait en prenant partie pour Dominguin au cours de ses dernières années, le Monstre de Cordoba est à la fois l'inventeur des vertus du toreo moderne (temple, sitio, immobilisme, capacité à lier les muletazos, à rentrer dans les terrains compromis) mais aussi de ses dérives (poids excessif de son apoderado - Camara-, pression sur la qualité des toros combattus, toreo de profil...).

Au delà de ses apports tauromachiques, qui seront ensuite remis à jour par El Cordobes, Ojeda et José Tomas, Manolete est LE TORERO qui a le plus marqué l'histoire du toreo.

La vie de cet homme timide est un long roman qui a inspiré chansons, paso dobles, livres et films.

L'histoire d'un homme partagé entre l'amour de sa mère et celui de Lupe Sino, cette actrice de série B considérée comme une trainée par Doña Angustias et le Régime de Franco.

D'un gamin qui doit se cacher de sa mère pour toréer, d'un novillero décrié par nombre d'aficionados.

La légende d'un homme qui a interrompu sa carrière pour aller combattre pendant la guerre civile où il frôlera la mort.

La fin d'un mythe, mort à l'âge de 30 ans de le ruedo, conspué par une partie de l'aficion, dont la richesse, la proximité supposée avec le Régime et la vie privée (sorties nocturnes, Lupe Sino...) sont critiquées par une Espagne touchée par la famine.

Manolete restera un symbole, un mythe et une source d'inspirations pour la majorité des toreros de l'escalafon.

 

 

 

A lire une les liens ci-dessous sur une biographie complète publiée dans Torobravo.fr:

http://torobravo.fr/biographie-abregee-de-manolete-1/

http://torobravo.fr/biographie-abregee-de-manolete-2/

http://torobravo.fr/biographie-abregee-de-manolete-3/

 

 

 

08:29 Publié dans Histoire du toreo | Commentaires (1) |  Facebook | |

Commentaires

Merci pour cette initiative...

Écrit par : LO TAURE ROGE | 02/12/2012

Les commentaires sont fermés.