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22/11/2012

NIMENO II: Hommage à une passion sans limite

NIMENO II.jpgL’aficion biterroise rendra hommage samedi au célèbre torero Nîmois Christian Montcouquiol, qui a mis fin à ses jours à l’âge de 37 ans le 25 novembre 1991.

Une belle initiative pour célébrer le parcours exceptionnel de ce passionné, doté d’un charisme, d’une gentillesse et d’une volonté rares pour repousser des frontières impensables pour un torero français.

Un homme accessible, intégre, droit, torero.

Une légende pour toute une génération d'aficionados.

Un exemple pour tous les toreros français actuels.

Si aujourd’hui, l’aficion ne s’étonne plus des succès de Sébastien Castella ou Juan Bautista, sortis trois fois chacun par la grande porte de Madrid, vouloir être reconnu comme français et matador de toros était impossible dans les années 70.

Quelques jeunes comme Simon Casas ou Alain Montcouquiol sont partis en Espagne vivre leur rêve sans parvenir à atteindre les sommets. Les aficionados les regardaient avec curiosité voire les prenaient pour des illuminés. Dans leur ombre, le petit frère d’Alain se préparait à devenir torero.


NIMENO 5.jpgSon visage émacié, son regard mélancolique, cachaient une volonté de fer depuis ses débuts à St Gilles en 1969 jusqu’à son saut dans les arènes d’Arles comme espontaneo pour voler des passes à un toro de José Maria Manzanares.

Après une carrière prometteuse de novillero avec des triomphes à Madrid, Pamplona et Séville (il recevra l’Oreille d’argent du meilleur novillero de la saison 1976), Nimeno II prend l’alternative à Nîmes en 1977 et toréera régulièrement des deux côtés des Pyrénées dans « le cartel des banderilleros » avec Luis Francisco Espla et Morenito de Maracay.

La suite sera plus compliquée quand il a décidé de quitter la puissante « casa Chopera » en 1982 pour gérer sa carrière seul avec son frère Alain. S’il torée une vingtaine de corridas par an, les portes des grandes férias espagnoles se ferment.

Pilier des Ferias françaises, ces combats face à du bétail de respect marqueront les Ferias de Nîmes et Béziers. Notamment, cette Miurada de 1983 avec Mendes et Milian entrée dans la légende. Au Mexique (il a sa statut devant les arènes de Cancun en hommage à sa faena de 1987) et en Amérique du Sud, il est une véritable star adulée pour la lenteur de sa muleta et la pureté de ses estocades et de ses poses de banderilles.

Le 3 octobre 1988, Nimeno II réussira une grande faena à Madrid devant un Victorino Martin qui relancera sa carrière. Même, si cet idéaliste rempli de pureté doit encore pester dans les cieux avec son copain Paquirri qui affirmait toujours « le meilleur avec l’épée, c’est le Français ».

Ce jour là, Christian tuera mal et ne sera pas le premier matador de toros français à ouvrir la grande porte de Las Ventas.

Revenu au sommet en 1989, Nimeno II est de toute les grandes Ferias espagnoles dans les cartels toristes. Le 14 mai, son mano a mano à Nîmes avec Victor Mendes face aux Guardiola se transforme en un solo d’anthologie où il triomphe sous les bourrasques.

PANOLERO.jpgPuis, le 10 septembre en Arles, Panolero, un Miura avec des cornes de cathédrale le bouscule en début de faena et lui brise les cervicales. Donné pour mort, il défie les diagnostics médicaux et repousse  une nouvelle fois les frontières de l’impensable.

Tétraplégique, sa passion et sa bravoure lui permettent de retrouver l’usage de ses jambes et de son bras droit après une longue année de rééducation. Quand Christian comprend qu’il ne gagnera pas son combat contre son bras gauche, qu’il ne pourra plus jamais vivre sa passion, que le point final donné à son œuvre sera par les cornes de ce funeste Miura, il mettra fin à sa vie.

En reste une légende, un héritage. Un maestro respecté dans les campos espagnols, père de tous les toreros français qui lui vouent un respect sans limite. 21 ans après, sa bouille d’éternel adolescent timide et pur, son élégance et son action pour le développement de la tauromachie en France, resteront à toujours présents dans les arènes. 

Descanse en paz maestro.

NIMENO 6.png

 

 

11:45 Publié dans Histoire du toreo | Commentaires (1) |  Facebook | |

Commentaires

CHRISTIAN........UN PHARE DE NOTRE SUD......

je retiens de lui....que SANS PASSION....il n'y a RIEN !

Écrit par : louirette | 29/11/2012

Les commentaires sont fermés.