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15/06/2013

Entretien Juan Bautista pour Toro Mag (2/2)

entretien juan bautista,entrevista juan bautista,encerrona juan bautista istres,solo juan bautista istres,seul contre six juan bautista istresSuite de l'entretien avec Juan Bautista à quelques heures de son solo d'Istres.

Vous faites des gestes face à des élevages réputés plus compliqués. Cela traduit une volonté ou c’est une obligation pour intégrer les Ferias ?

C’est certainement une nécessité pour l’Espagne. Mais, en France, mon statut me permettrait de me concentrer sur des élevages plus commerciaux. Mais je ressens la volonté, depuis quelques saisons, de faire des corridas un peu différentes à quelques reprises dans la temporada. Cela demande une préparation et une mentalisation différentes qui me séduit.

L’aficionado français apprécie la diversité des encastes et les toreros doivent en prendre conscience. Personnellement, j’aime combattre différents types de toros et il semblerait qu’en 2013, les figuras de l’escalafon empruntent également cette voie. Le public se lasse de voir les toreros toujours devant les quatre même élevages.


Vous êtes déjà annoncé dans de belles Ferias cette année…

Je suis très content car la temporada se présente bien malgré la situation actuelle très difficile en Espagne où il s’organise, chaque année, moins de corridas. Même les figuras veulent toréer dans les petits villages car cela permet de réaliser plus de paseos dans la saison. Une belle temporada s’annonce pour moi dans ce type de corrida, dans le second circuit espagnol.

Par ailleurs, je suis particulièrement fier de mon cartel en France. Après 13 ans d’alternative, je suis ravi que les aficionados souhaitent toujours me voir toréer dans les gros cartels.

Ces contrats dans les pueblos sont-ils rentables pour un torero ?

Non, ce n’est pas dans ces arènes que tu gagnes ta vie. Mais toréer régulièrement dans les pueblos permet de garder contact avec le toro et le public pour se préparer pour les grands rendez-vous. Je suis optimiste car je suis engagé dans la 1ère grande Feria espagnole devant les Fuente Ymbro avec un beau cartel pour les Fallas de Valencia.

En France, il y aura le mano a mano avec Sébastien Castella en Arles avec un second paseo en septembre pour la Goyesque. Sans parler du solo à Istres ou de Vic-Fezensac. Les 1ers contacts avec Madrid, les arènes du Sud-Ouest ou Nîmes sont également positifs et prometteurs. J’ai juste le regret d’être absent de Séville, une arène qui ne m’a jamais trop réussi en six paseos.

L’encerrona d’Istres sera une date importante dans votre carrière…

On a noué les 1ers contacts avec Bernard Marsella depuis septembre dernier. Cette proposition m’a immédiatement enthousiasmé car c’est un bel endroit pour ce type de geste. D’emblée, nous avions la même idée de faire ce solo avec des élevages de prestige, respectés par les aficionados.

En mettant aux cartels différents encastes comme Santa Coloma (La Quinta), Saltillo (Victorino Martin), Atanasio (Puerto de San Lorenzo), Domecq, Miura, ou Nuñez (Torrestrella pour partie). C’est une corrida spéciale pour laquelle je vais me préparer spécifiquement.

Commese déroulera cette préparation ? Vous prévoyez une coupure autour de cet événement ?

Non. Il ne faut pas que je modifie le rythme de ma temporada même si ce sera un rendez-vous majeur dans ma saison. J’ai déjà l’expérience d’un solo quand j’avais fête mes dix ans d’alternative aux Saintes-Marie-de-la-Mer. Dans ma temporada, il y aura des rendez-vous toreristas, d’autres plus toristas comme d’habitude. Il faudra être physiquement au top et se préparer mentalement à affronter tous les types de situation face aux toros.

En affrontant ainsi des encastes si différents, il faut s’adapter immédiatement. Déjà que les comportements différent au sein même d’une ganaderia, le fait de combattre autant d’encastes exige une adaptation permanente aux réactions des toros. Tout est différent : la façon de les parer à la cape à leur entrée en piste, la manière de les amener au cheval, de débuter les faenas…

Pourquoi ne pas faire un geste de cette envergure chez vous ou dans une grande arène comme Nîmes ?

Nîmes ne me l’a jamais proposé. En Arles, je crois que l’empresa (ndlr : son père Luc Jalabert) ne veut pas souffrir ou me mettre en difficulté. Mais je suis satisfait du lieu de ce solo. Istres n’est certes pas une arène de 1ère catégorie, mais elle connaît une trajectoire ascendante et elle organise des cartels importants.

Mais, j’espère faire un jour un geste aussi important en Arles. Peut-être de manière différente…Je l’ai en tête depuis des années, mais je n’arrive pas à convaincre l’empresa ! (rigolard)

Comme tuer la corrida de Miura pour la Feria du Riz 2013 puisque le cartel n’est toujours pas officialisé ?

(silence et sourire…) C’est vrai que ce cartel est resté ouvert. Je ne sais pas pourquoi…(depuis le lot de Miura a été remplacé par La Quinta).

Vous allez devoir tuer un toro de Jalabert lors de votre solo d’Istres. Cela doit provoquer des sentiments ambigus ?

J’ai rarement affronté des toros de la famille. Je me rappelle juste d’une corrida à Eauze l’an dernier, une à Aire sur Adour la saison précédente et une autre à Mauguio lors de mon retour dans les ruedos. Mais ce sera une 1ère dans un cartel de cette importance. Quand Bernard Marsella m’a proposé ce projet, il souhaitait mettre un élevage français au cartel. J’ai insisté pour mettre un toro de Jalabert.

Ca me tenait à cœur car l’élevage m’a beaucoup aidé depuis mes débuts et l’avenir est prometteur avec de nouvelles origines. Il reste encore des Guateles, mais le toro d’Istres sera de provenance Daniel Ruiz, branche que l’on développe depuis quelques temporadas.

Dernière question : vous imaginez-vous un avenir comme ganadero ?

J’ai une attirance particulière pour ce métier depuis toujours. J’avais d’ailleurs acheté un lot de vaches il y a sept ou huit ans mais rapidement je l’ai laissé dans les mains de mon père et de mon oncle. Le métier de torero, avec la préparation, les voyages, n’est pas conciliable avec une activité d’éleveur.

Il faut faire ce métier de ganadero avec sérieux et je suis en permanence en déplacement. Ma passion pour la tauromachie trouve son origine dans le toro. Dans mon enfance, j’adorais être au Mas pour m’occuper du bétail avec le Mayoral. C’est certain que je vois mon avenir au campo quand j’aurai décidé de ranger le costume de lumières.

Réalisé par Stéphan GUIN à Ajalvir le samedi 26 janvier 2013.

08:20 Publié dans Entretiens | Commentaires (0) |  Facebook | |

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