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31/07/2013

Double Page Castella Midi Libre (Partie 3/3): Le solo du 16 août, sommet de sa temporada

portrail cheval 1.JPGCliquer sur photo pour voir album complet

Sébastien Castella traverse une temporada frustrante. Les professionnels reconnaissent l’évolution de son toreo mais une série de malchance incroyable au sorteo le poursuit depuis le mois d’avril à l’exception d’un bon toro à Madrid qui lui a permis de dessiner les plus belles naturelles de la temporada.

Cette situation lui pèse mentalement et au lendemain de son retour de Châteaurenard, il avoue « sa fatigue et ses difficultés pour trouver le sommeil » dans le cadre apaisant de sa finca « La Heroica ».


heroica.JPGLe seul contre six de Béziers sera le grand objectif de sa temporada 2013. « J’aimerais que ce soit une belle fête. Ce sera ma corrida, mes arènes, mon public, ma ville. Ca va être aussi ma tauromachie, ma liberté ».

L’échange prend alors quasiment des allants mystiques dignes d’Ayrton Senna, ce sportif qu’il a peu connu et qui le fascine pour sa profondeur. On sent que cet évènement dépasse le cadre taurin pour Sébastien Castella.

Après des années de distance et de discours pro-biterrois parfois de circonstance, on ressent un vrai besoin de communier avec son public. La volonté de retrouver ses racines et de s’ouvrir dans l’arène à ceux qui l’ont soutenu pour montrer le torero et l’homme épanoui qu’il est devenu.

 cortijo.JPG« Cette corrida, je l’ai dans la tête avant même son annonce. Ce 16 août dans l’arène, je veux prendre du plaisir. J’espère le « no hay billetes » et faire régaler le public pour les remercier de m’avoir aidé depuis mes débuts en capea. Je veux surtout éprouver un sentiment de liberté.

Comme en Amérique du Sud ou sur ce toro de Madrid cette année, je rêve de toréer librement : sans pression, sans nécessité de couper les oreilles pour gagner des contrats ».

Le torero précise encore ses propos : « 2000 personnes me soutenaient déjà dans ces arènes à mes débuts. Ils m’ont vu évoluer de la cours d’école jusqu’à devenir un torero important.

Le 16 août, j’ai conscience qu’ils vont attendre beaucoup de moi. Moi, j’attends juste de la chaleur humaine pour que soit une corrida qui rentre dans l’histoire de la tauromachie à Béziers ».

portrait ruedo.JPGPour ce rendez-vous qui tourne à l’obsession, Sébastien Castella se sent fort physiquement pour relever le challenge des 6 toros.

« Il m’a fallu 15 ans pour comprendre que le torero était un artiste mais aussi un sportif de haut niveau qui doit suivre une préparation physique sur mesure. Avant, je m’épuisais à courir, parfois même à 3h du matin quand je n’arrivais pas à dormir.

Aujourd’hui, je respecte une diététique et un programme adapté pour gagner en souplesse, en flexibilité, et un kiné m’accompagne en permanence. D’ailleurs, je reprends demain (mardi) le yoga pour gagner en relâchement ».

Alors ce 16 août marquera l’aboutissement d’une trajectoire impensable d’un gamin de Portiragnes devenu le plus grand maesto français de l’histoire installé depuis dix ans dans le top 5 mondial de sa discipline.

Mais Sébastien Castella espère aussi que ce solo marque le début d’une nouvelle aire. « Cela me pèse de faire abstraction de l’obligation de couper des oreilles à tout prix mais j’ai décidé d’emprunter le chemin le plus compliqué. Réaliser le toreo classique avec les flanelles de la muleta (« los vuelos ») tout en passant les toros aussi près. Je sais que c’est une quête quasiment impossible.

Mais impossible n’est pas français et ce style fait la grandeur du toreo. L’essentiel est que cette évolution me comble en tant qu’artiste et personne ».

 

 

portrait cheval.JPG

 

 

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