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30/07/2013

Double Page Castella Midi Libre (Partie 2/3): "La Heroica", son havre de paix

reportage sebastien castellaCliquer sur photo pour voir album complet

Les jours où Sébastien Castella résident dans son domicile sévillan, il emprunte l’Autovia de Huelva pour se rendre à sa finca située à une trentaine de minutes.

Le « S » de son prénom est marqué sur le portail d’entrée de « La Heroica ». Il est souligné de 3 points représentant la Camargue, les toros et les chevaux. Le torero précise le choix du patronyme.

« Je trouve que La Heroica est un joli nom pour une finca. C’est un clin d’œil au toreo et le surnom de ma ville favorite, Cartagena de Indias (Colombie), où je m’évade l’hiver et m’adonne à ma passion pour la plongée sous-marine ».

Pour ses confrères, l’acquisition d’une finca symbolise la réussite mais Sébastien Castella assure « n’en avoir jamais voulu car je n’ai pas envie de devenir ganadero ».


reportage sebastien castellaSon achat, il y a deux ans, répondait au départ à une nécessité pour se préparer. « Avec le temps et la vie de famille, on ressent une usure mentale à multiplier les trajets pour aller tienter. J’ai acheté jusqu’à 80 toros l’an dernier, une folie, pour m’entraîner en toute tranquillité chez moi ».

 

Cette rencontre avec le Biterrois a permis de rencontrer un homme épanoui. Un torero conscient de sa réussite et de sa trajectoire unique, un mari comblé car « avoir une femme artiste m’apporte beaucoup. Patricia me comprend, me supporte, car c’est dur de vivre avec un torero. Elle m’accompagne dans ma progression personnelle et professionnelle ».

Un papa heureux des plaisirs simples avec Atenea pour oublier la pression du toro. Enjoué et décontracté pendant des heures, le regard devient grave et le ton lent pour évoquer la vie de torero.

reportage sebastien castella« Toréer t’apporte des sentiments indescriptibles. Des moments de plénitudes totales. Mais tu ne peux pas imaginer à quel point c’est dur d’affronter des toros. Cette pression que tu ressens. La peur. L’angoisse. La tristesse. Le trou dans l’estomac. Pfou… ».

Cela provoque une fatigue mentale et l’absence d’Atenea et Patricia partie donner naissance à sa seconde fille fin août en Colombie lui pèse. Sa famille, son échappatoire, lui manque.

 

« Cette temporada est dure, je dors peu depuis plusieurs jours. Moi qui croyait pouvoir rester seul toute ma vie, je m’aperçois que j’ai besoin d’avoir ceux que j’aime près de moi ».

Comme jamais, Sébastien Castella se découvre : « dans le ruedo, tu as peur. Mais le plus dur, c’est l’avant et l’après. Et cela devient plus dur avec le temps. Tu ne peux pas imaginer la pression, le poids de la chaquetilla qui te pèse et semble t’écraser vers le sol ».

Il fait beaucoup de parallèle avec la Formule 1 où « tu éprouves ces sentiments extrêmes en même temps.  Tu es là et en un instant… (long silence puis il claque des doigts sans oser finir sa phrase). Regarde Ayrton Senna ».

Le solo de Béziers qui l’obsède, tellement il veut que cette corrida marque l’histoire et communier avec son aficion qu’il veut remercier, ne font qu’alimenter ce stress. 

 

reportage sebastien castellaAprès ses confidences, Sébastien retrouve vite le sourire et son regard illuminé pour parler de sa finca « très torera, coquette et à taille humaine », qui a dépassé le rôle d’outil de travail. « La heroica » est son havre de paix et symbolise sa personnalité, ses goûts, ses valeurs et sa volonté de revenir vers ses racines.

L’agencement soigné est le fruit d’une passion commune avec son épouse  pour la décoration intérieure. « Petit, avec mes parents, on n’a jamais eu de finca à nous. J’ai vu le potentiel de La Heroica avec sa vue imprenable le soir. On a fait beaucoup de travaux pour la mettre à notre goût ».  

reportage sebastien castellaLes styles camarguais et Colombiens cohabitent, mais la coloration mexicaine domine. Un pays où il s’est construit comme torero. Celui de sa rencontre avec Patricia où ils aiment chiner chez les antiquaires. Les installations sont somptueuses avec un salon dominé par une cantine mexicaine, une placita de tienta aux teintes portugaises (bleue et blanc), une arène intérieure de 38 mètres de diamètre « où on a sorti des toros de Bilbao ! ».

Et toujours ce besoin de rappeler les racines. « Les pierres qui décorent le jardin sont de cette terre » et si son superbe domicile semble sorti d’une revue art-déco moderne, la finca est rustique avec beaucoup de poutre, de bois « car c’est une matière vivante qui possède une histoire ».

L’acquisition de La Heroica a été l’occasion pour Sébastien Castella de renouer avec sa passion pour les chevaux. Il se rappelle que « petit, je montais huit ou neuf heures par jour pour donner des promenades au ranch de mes parents avant de partir toréer dans les capeas le soir avec Claude Naquer ».

La passion est revenue immédiatement et il s’est lancé dans l’élevage de pur sang. Avec beaucoup d’aficion et de sérieux. Comme dans l’arène. « Les toreros, on est capricieux. J’ai pris un mayoral et un cavalier pour s’occuper de cette vingtaine de chevaux ».  

reportage sebastien castellaDans ses écuries, on retrouve des quarter horses (ceux des cow-boys) et il s’est spécialisé dans les chevaux espagnols de couleurs. Le torero envisage de faire de l’élevage de pur-sang une possible reconversion et a déjà participé à un concours. « Aujourd’hui, j’ai des « Albinos » (des blancs aux yeux bleus), des « Palominos » (dorés au crin blanc) et des « Isabelle» (robe grain et crin noir) notamment. Je suis très attaché à la beauté de leur mouvement. Ce sont des races rares dans le cheval espagnol. Mais je voulais me distinguer avec un élevage différent ».

Avec la même singularité que dans le ruedo.

 

 

reportage sebastien castella

 

 

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