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05/08/2013

Cayetano Ortiz reçoit les louanges d'André Viard mais reste sans réussite à l'épée.

patio.jpgCayetano Ortiz a livré une nouvelle prestation remarquée dimanche dans les arènes d'Hagetmau devant un bonne novillada de Miura.

Malheureusement, le Biterrois a encore failli avec les aciers ce qui lui a couté de nouveaux trophés.

Un problème à régler au plus vite car Ortiz enchaîne les faenas de qualité mais l'épée ne lui permet pas de le traduire en triomphe.

Ci-dessous, retrouvez l'excellente reseña réalisée par André Viard sur son site internet www.tierrastaurinas.com


HAGETMAU : EXCELLENTE NOVILLADA DE MIURA

Il suffit de traverser Hagetmau en fête à l'heure de l'apéro prolongé, pour comprendre que le toreo élégant, réservé et pudique de Cayetano Ortiz n'y fera pas recette, et pour deviner aussi qu'au contraire, les audaces plus ou moins méritoires de Imanol Sanchez et César Valencia ont davantage de chances d'attirer sur ceux-ci la sympathie du public. À chaque arène son idiosyncrasie, et dans celles de la perle de la Chalosse, tout prés du terrain de rugby où il nous fut tant donné, on a toujours préféré les bonnes bourrades aux fines arabesques.

Ceci pour dire que l'un des deux grands moments de cette novillada prenante de bout en bout passa parfaitement inaperçu ou presque, quand Cayetano Ortiz, dont le dilettantisme nous fit si souvent enrager, montra enfin l'étendue de son talent tout au long d'une faena empreinte de bon goût, de toreo épuré et orthodoxe, à base de muletazos remarquablement conduits de bout en bout et terminés, comme ce devrait toujours être le cas, muleta au sol en attendant de recommencer. Le novillo fut bon, quoique de charge un peu courte, et fut parfaitement exploité. De la belle ouvrage, qui avait déjà été remarquée à Madrid récemment, et qui, malgré la froideur du public, aurait du lui valoir une oreille de poids, en tuant mieux s'entend. 
                           

L'autre grand moment de cette novillada fut le spectacle de la bravoure encastée du dernier, un novillo de vuelta, voire d'indulto, s'il avait eu la chance de tomber entre des mains plus expérimentées et sincères que celles de César Valencia, dont les effets de manche et le toreo tape-à-l'oeil (ainsi que le courage et la volonté pour être parfaitement honnête), lui avaient valu une oreille du troisième, au terme d'une empoignade conforme aux goûts de la maison.

Pas de chance donc pour le brave Estribero, qui ne pu faire autrement que de dévorer tout cru le jeune vénézuélien qui se révéla incapable de placer sa muleta au bon endroit et au bon moment, se fit désarmer dix fois, et comprit que face à la caste véritable le toreo pueblerino ne sert à rien. Seuls les fonfamentaux du toreo auraient pu venir à bout de ce torrent de bravoure qui emportait tout, celui que Cayetano Ortiz aurait sans doute réussi à mettre en place.                             
                           

L'aragonais Imanol Sanchez n'est pas non plus un styliste, et après avoir du abréger face à son premier qui s'était abîmé une patte, il coupa son oreille (protestée car pétition minoritaire) en ferraillant en brave, face à un novillo qui le fut aussi en quatre rencontres et qu'il avait reçu a puerta gayola. 
                           

Le grand triomphateur de la tarde fut donc le ganadero - en fait ils sont deux - avec un lot complet qui fut brave aux piques, la plupart en prit au moins une du centre et certains trois ou quatre, ainsi que parfaitement toréable, les uns avec plus de noblesse, les autres plus de caste, ou quelques difficultés comme le quatrième qui fut le plus brusque.

Mais tous avec des solutions relativement faciles à trouver, à condition de les chercher. Trois quarts d'arène, public froid et manifestement peu aficionado, au vu des maigres applaudissements qui saluèrent l'arrastre de Estribero.

 

André Viard

 

 

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