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20/08/2013

(VIDEO) Retour sur la corrida de Margé de Béziers (Midi Libre): Juan Bautista a hombros, faenon de David Mora

DSC_0564.JPGCliquer sur photo pour voir album Lilian Guin

La journée réservée aux toros de Margé, hier lors de la Feria de Béziers, a débuté le matin par le succès des enfants du pays, Joao Machado et Josian Laguia, qui ont coupé quatre oreilles sous la pluie, lors de la novillada mixte.

L’après-midi, le soleil était de retour et  8 000 spectateurs environ remplissaient les tribunes pour voir les toros de l’empresa locale. Une nouvelle fois, les Margé n’ont pas déçu en sortant un lot encasté et riche en émotion. Une véritable corrida avec de la variété, qui a maintenu l’attention du public.


Le ganadero a fait l ’inventaire des comportements possibles chez un toro brave, avec deux toros de classe qui méritaient une vuelta posthume - mais elle ne sera accordée qu’au deuxième -, un autre brave bon mais exigeant deux compliqués et un manso assassin.

Cette corrida de Margé a également donné lieu à de magnifiques tercios de piques avec des mises en suerte à bonne distance, pour laisser galoper les braves et pousser la cavalerie, régulièrement mise sur le reculoir. Frayeur pour Padilla.

DSC_0417.JPGPour affronter ce bétail encasté, Juan José Padilla (silence et salut) est revenu à Béziers auréolé de son statut de n°1 de l’escalafon. Depuis sa gravissime blessure de Zaragoza, le “Pirate” intègre les meilleurs cartels et affronte des élevages dociles, bien loin des mastodontes qu’il a défiés pendant des années.

Le torero s’est d’ailleurs contenté du minimum syndical lors de la première faena. Après un avertissement du toro à droite, Padilla n’a pas esquissé la moindre tentative pour corriger le défaut ou tester l’autre corne, en optant pour une expédition immédiate. Le public qui l’a tant adulé, lui fera écouter un silence compatissant.

Piqué au vif par les faenas des autres toreros, c’est un Padilla décidé qui revient sur le sable en recourant à un toreo populaire pour s’attacher les faveurs du public. Le “cyclone de Jerez” recevra ensuite la foudre aux banderilles, quand le Margé l’attrapera dangereusement aux planches en frôlant le coup de cornes.

Comme à ses plus beaux jours, Padilla reviendra poser une dernière paire et débutera sa faena à genoux. Il acceptera cette fois le combat pour arracher quelques accessits à un toro à la caste violente, avant de terminer par une estocade efficace.

DSC_0455.JPGJuan Bautista (deux oreilles et salut après pétition minoritaire) a confirmé hier que sa tauromachie a franchi un palier. Ce nouveau triomphe, après son solo très abouti d’Istres, le positionne comme un postulant crédible au prix de triomphateur de la temporada française.

L’Arlésien a trouvé immédiatement le rythme devant un bel exemplaire de Margé, brave à la pique, noble et avec du moteur. Un Juan Bautista inspiré et sûr de son art débutera sa faena tout en douceur avant de servir des séries importantes avec temple, profondeur et variété.

Il colorera sa faena de quelques passes de poitrine de gala et une grande estocade fera tomber deux oreilles indiscutables.

Le Français rendra  ensuite une partition technique et méritoire à un toro encasté et porteur d’espoirs dans les premiers tiers. Lors de la faena, il deviendra plus exigeant mais le torero trouvera la lidia adaptée avant de  conclure avec efficacité. Le public oubliera de demander un trophée.

DSC_0513.JPGDavid Mora (oreille et silence) est arrivé à Béziers au lendemain d’une opération, après une cornada interne reçue jeudi. Les points de suture sous le costume ne l’empêcheront pas de réaliser la meilleure faena de la Feria à un Margé débordant de classe et de rythme.

Il enchaînera sept séries avec des passes d’une longueur infinie, réalisées avec une demi-muleta devant un toro qui mordait inlassablement l’étoffe en reniflant le sable. Du grand art conclu d’une épée entière, un brin sur le côté.

Pourtant, la seconde oreille lui sera refusée par une présidence peu inspirée car cette prestation aurait probablement reçu deux trophées indiscutables à Madrid. Incompréhensible.

Le dernier toro n’avait que sa superbe robe blanche tachetée pour séduire. Pour le reste, c’était un manso avec beaucoup de caste impossible pour le torero. Toujours sur la réserve, il ne se déplaçait que pour blesser et Mora s’est fait vilainement attraper à la cape. L’Espagnol, peu avare de ces efforts, ne pourra rien en tirer et conclura avec fermeté. Injustement, il repartira à pied de Béziers. 

STEPHAN GUIN

MIDI LIBRE.

 

DSC_0455.JPG

 

16:58 Publié dans Resena | Commentaires (0) |  Facebook | |

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