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13/09/2013

Entretien Eduardo et Antonio Miura: Partie 1/3

entrevista eduardo miura,entrevista antonio miura,reportage miura,ganaderia miuraCliquer sur photo pour voir album.

Pendant trois jours, avant leur dernier paseo de la temporada dimanche à Nîmes, publication de l'entretien réalisé pour la revue Toro Mag cet hiver. 1ère partie...

Mercredi 30 janvier, rendez-vous est donné à Zahariche, la légendaire finca de Miura située à 45 minutes de Séville entre La Campana et Lora del Rio.

Même si le célèbre portail d’entrée a cédé au modernisme, chose rare chez les Miura, les cornes des toros et la borne kilométrique siglée du fer de l’élevage, sont toujours présentes au bord de la route. Miura c’est plus d’un siècle et demi de tradition dans l’élevage du toro.


entrevista eduardo miura,entrevista antonio miura,reportage miura,ganaderia miuraUn sang resté pur, selon les ganaderos, ignorant les phénomènes de mode pour conserver ses origines uniques mélangeant les castes Gallardo, Cabrera et Vistahermosa. L’accueil est assuré par Antonio Miura qui nous embarque dans un 4*4 fatigué par ses passages dans les cercados détrempés, vallonnés et chaotiques.

La découverte de la camada 2013 est sans surprise, toujours sérieuse, haute et armée et le ganadero est rodé à l’exercice des prises de photos pour proposer les meilleurs angles et mettre en valeur son bétail.

Antonio Miura s’amuse volontiers du chien qui provoque continuellement les braves, refuse de dévoiler les arènes où seront lidiés chaque toro – « rien n’est encore décidé ! » - et nous reçoit dans son bureau après avoir rendu visite aux vaches de ventre.

Pour l’entretien publié dans la revue TORO MAG, Eduardo Miura se joint à son frère et les héritiers du fer de légende (depuis 1996) se montreront diserts, disponibles pendant un heure et nous régaleront d’anecdotes et de la découverte de livres de leur collection personnelles qui feraient pâlir les  plus grands Musées taurins.

La communication est parfaitement rodée pour entretenir le prestige des Miura mais quand on demande à voir les sementals ou connaître le pedigree des étalon, on vous oppose une fin de non recevoir. Polie, mais ferme en se réfugiant derrière l’argument que le plus important n’est pas l’étalon mais les vaches et la communication se fait exclusivement sur les femelles. La culture du mystère et du secret restent une valeur ancrée chez les Miura… 

entrevista eduardo miura,entrevista antonio miura,reportage miura,ganaderia miuraComment qualifieriez-vous la temporada 2012 pour la ganaderia de Miura ?

Antonio Miura (A.M) C’est une temporada normale avec plusieurs toros de qualité qui sont sortis en Arles et à Castellon. Javier Castaño a également touché de bons toros à Pamplona. J’ai également beaucoup apprécié les six toros qui ont été tués pour le seul contre six de Nîmes ont été excellents.

La seule réelle déception de la saison 2012 est la corrida de Séville où les toros n’ont pas été mauvais mais ils n’ont pas « embisté » comme on aime chez les Miura. Dans chaque corrida, on a toujours eu un ou deux toros qui nous ont plus, mais malheureusement à Séville, il n’y en eu aucun. 

entrevista eduardo miura,entrevista antonio miura,reportage miura,ganaderia miuraCe solo de Castaño à Nimes reste le moment phare de la temporada…

Eduardo Miura (E.M) Cette corrida est importante pour notre ganaderia car elle a eu beaucoup de répercussion dans le monde taurin. La Fiesta a besoin de ce genre de geste. Nos toros et Javier Castaño ont donné un spectacle important et cette corrida a marqué la temporada française mais elle a été également saluée en Espagne.

Cette année, il devrait tuer toute la camada et c’est un torero que l’on apprécie énormément. L’an dernier, il a réalisé les plus belles naturelles de la Feria face à nos toros. Castaño est actuellement le seul toro qui torée nos toros correctement en restant quieto et templé. La majorité des toreros, quand ils voient le fer de Miura sur un toro, font un blocage psychologique et mettent des « tirons » lors des faenas.

Du coup, ils ne parviennent pas à exploiter leurs qualités comme le fait Javier Castaño. Si le torero ne fait pas les choses bien, le toro prend le dessus rapidement. Le Miura a comme un 6ème sens qui lui permet de comprendre plus vite que les autres toros. Il exige des faenas courtes et adaptées. 

En parlant de geste, la présence d’El Juli (avortée depuis sur blessure) à Séville face aux Miura doit vous ravir ?

(E.M) Disons que l’on revient à la normalité. Avant, tous les toreros punteros tuaient tous les types de corridas. C’est une habitude qui s’est progressivement perdue et on se félicite qu’El Juli renoue avec la tradition. On espère que la corrida serve pour qu’El Juli et les autres toreros, pour qu’ils puissent triompher avec nos toros. 

Vous aimeriez que ce geste soit repris par d’autres figuras de l’escalafon ?

(E.M) Pour nous, ce n’est pas primordial car chaque année, les mêmes arènes nous répètent dans leur Feria et nous renouvellent leur confiance, quelque soit les toreros qui les affrontent. Ce serait surtout une bonne chose pour la tauromachie que des figuras toréent nos toros.

entrevista eduardo miura,entrevista antonio miura,reportage miura,ganaderia miuraLa camada 2013 se compose de combien de corridas ?

(E.M) Nous avons huit corridas et deux novilladas qui sortiront à Carcassonne et Hagetmau. Sept corridas sont déjà vendues : trois en France à Béziers, Arles et Nîmes. Quatre en Espagne à Valencia, Séville, Pamplona et Castellon.

Une nouvelle fois, vous ne lidierez pas à Madrid. Cette absence prolongée est une volonté des ganaderos ?

(E.M) En effet, depuis 5 ou 6 ans nous ne sommes pas au cartel à Las Ventas. Ce sont les circonstances qui ont conduit à ces absences et non pas une volonté manifeste de ne pas y aller. Nous avons une camada réduite et nous allons chaque année dans nos arènes habituelles que nous servons en priorité.

Notre présence à Madrid est intermittente car, quand nous avons des toros pour cette arène, l’empresa ne nous contacte pas. Les fois où ils nous ont proposé de venir pour la San Isidro, nous n’avions pas suffisamment de toros pour faire face à la responsabilité de cette arène. Du coup, on n’est jamais parvenu à un accord. 

Chaque année, vous lidiez 7 ou 8 corridas. Combien de têtes possédez vous ici à Zahariche ?

(A.M) Nous avons sur nos 600 hectares de terrain 250 vaches de ventre et selon les années, nous utilisons entre huit et dix étalons. Nous n’avons pas de numerus closus pour approuver des vaches chaque année. On ne souhaite pas augmenter la taille de la ganaderia car nous n’avons pas suffisamment de terre. Tous les ans, nous perdons des vaches pour différents motifs (âge, blessure, …) et nous les remplaçons au rythme de 20 ou 30 chaque année selon les besoins.

Du coup, nous devons envoyer une bonne vingtaine de vaches approuvées au matadero. On se séparé évidemment de celles qui ont reçu les moins bonnes notes pour rester sur ce chiffre stable de 250 reproductrices.

Nous conservons certains sementals pendant plusieurs années mais, pour des raisons de consanguinité, nous évitons de les laisser trop longtemps sur les vaches par rapport à d’autres élevages. C’est un élément qui est une préoccupation permanente et il ne faut pas « fermer » l’élevage en conservant un nombre de familles important.

La suite demain matin...

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