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08/10/2013

Bilan de la Feria d'Otoño à Madrid: El Cid, Verbenero et la mansedumbre...

el cid, feria otono madrid, fandino, adolfo martin, castano, ferreira, joselito adame, alberto aguilar, jimenez fortes, sebastian ritter, victoriano del rio, puerto de san lorenzoArrivée à Madrid vendredi pour assister à la Feria d'Otoño, les images sur Canal + Toros de la veille, ne faisait pas regretter l'absence pour la novillada qui ouvrait le dernier cycle de la temporada à Las Ventas.

Que retenir de ces trois corridas où le public a du redoubler d'efforts pour maintenir son attention tant les lots de Puerto de San Lorenzo , Adolfo Martin et dans une moindre mesure de Victoriano del Rio ont pêché tantôt par manque de race, de force, de moteur, de fond, de trapio inégaux ...bref un peu de tout hormis des armures exemplaires?

Vendredi devant Verbenero, un beau et excellent Victoriano del Rio, le public de Madrid a assisté à la résurrection d'El Cid à Las Ventas. Le torero de Salteras a récité une grande symphonie durant cinq séries. Début par trois tandas de naturelles supérieures où El Cid a donné des frissons aux 20.000 spectateurs. Tout y était: temple, rythme, relâchement total, naturalidad, main basse, profondeur, distance...


Le passage à droite fera encore monter à la température avec du toreo en redondo, doux et créatif et la dernière série à gauche a été une vraie merveille.

Comme souvent El Cid a été chanceux au sorteo. Et il a pinché deux fois (suivi d'une épée basse), une faena de deux oreilles qui lui aurait ouvert la grande porte de Madrid.

Dans cette 1ère corrida, Ivan Fandiño a coupé une oreille de son 1er toro lors d'une faena inégale. Un bon début avec des séries classiques en toréant de loin en offrant poitrine et jambe arrière au toro pimenté de deux trincheras de gala. Une fin engagée par Bernardinas. Au milieu, la faena est passé par quelques bas. Une oreille certes, mais d'un poids bien inférieur à ces précédentes performances à Madrid.

Sébastian Ritter a fait le geste de prendre son alternative à Madrid pour brinder le toro de son doctorat à son mentor à Corbacho récemment disparu. Malgré un lot insipide, le Colombien a séduit face à son 1er toro. Le sitio dans lequel il torée, ses naturelles, ses remates en laissant la muleta morte sur le museau du toro montre que Ritter s'inscrit pleinement dans le toreo que Corbacho a enseigné à José Tomas et Alejandro Talavante.

Samedi, les Atanasio/Lisardo du Puerto de San Lorenzo (et leurs cousins de la Ventana del Puerto -des Aldeanueva duPilar-) ont confirmé leur mauvaise passe. D'une présentation douteuse pour Madrid, le bétail a fait preuve de mansedumbre et les efforts des toreros n'ont pas suffi pour réveiller les tendidos.

Alberto Aguilar s'est démené face à ses trois adversaires avec brio mais il n'a pas su tirer partie des quatre séries offertes par son second toro, le seul qui ait laissé quelques opportunités. Le Madrilène n'est jamais parvenu a baisser la main et templer l'embestida et la faena n'a jamais trouvé son rythme.

Joselito Adame était venu avec la ferme intention d'ouvrir la grande porte après les deux oreilles coupées dans ces mêmes arènes au printemps. Après un quite sur le toro d'Aguilar, le volontaire Mexicain s'est démené pour pousser le toro dans ses charges avant de se faire attraper spectaculairement sous l'épaule en fin de faena. Sorti groggy et boitillant, Joselito Adame est revenu diminué et en torero face au toro pour mettre un terme au combat. Il a été évacué vers l'Hôpital avec une fracture du péroné et un léger traumatisme cérébral qui l'interdiront de tuer son second toro.

Quant à Saul Jiménez Fortes, on a retrouvé son habituel engagement, sa volonté pour faire des quites extrêmes mais le torero de Malaga a paru perdu en piste depuis sa séparation avec Julian Guerra. Fortes a multiplié les séries sans saveur ni profondeur et a perdu, entre Séville et Madrid, une partie du crédit gagné depuis deux temporadas à la force du poignet. Selon André Viard, toujours bien informé, il semblerait que le Salmantin d'adoption intègre l'écurie Simon Casas en 2014. A suivre...

Dimanche, la corrida d'Adolfo Martin était le moment phare de la Feria. Les Albaserrada, bien armés mais inégaux de trapio, n'ont pas donné lieu à un seul grand tercio de piques devant des cavaliers globalement peu inspirés.

Antonio Ferrera a décroché une oreille contestée du 4è Adolfo après avoir réalisé un tercio de banderilles qui a séduit une partie de Las Ventas et reçu les critiques du "7" pour son manque d'orthodoxie. Au delà du débat sur les excès du banderillero, Ferrera a réalisé une tarde importante à la cape et à la muleta. Il est rentré dans des sitios extrêmes pour provoquer la charge du 1er toro totalement à l'arrêt puis réalisé une vingtaine de muletazos au ralenti collé au toril dans la seconde partie de sa dernière faena alors que l'Adolfo ennuyait par sa fadeur.

Javier Castaño doit languir que la temporada se termine car le Salmantin est bien loin de son niveau des dernières saisons depuis plusieurs semaines. Une nouvelle fois, Marco Galan à la brega et Fernando Sanchez et David Adalid pour son retour après la cornada de Nîmes ont assuré le spectacle.

Mais Castaño n'est jamais parvenu à tirer des muletazos et corriger les défauts de ses adversaires qui lui ont permis de gagner son statut auprès des aficionados toristas. Sans parler de ses échecs chroniques avec les aciers...

Enfin Ivan Fandiño a réalisé une corrida correcte devant un lot qui ne lui a laissé que peu d'options. Le Basque repartira déçu de Madrid. Lui qui venait chercher la grande porte qui lui aurait probablement assuré de terminer lauréat de la temporada pour la deuxième année consécutive, aura laissé la vedette de cette Feria d'Otoño au revenant El Cid.

 

 

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