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16/03/2014

Découverte de la camada 2014 de Victorino Martin

DSC_0481.JPGCliquer sur photo pour visualiser l'album de la camada 2014

Dimanche 19 janvier, c'est toujours un privilège d'aller passer une journée entière à la finca Las Tiesas de Santa Maria à Portezuelo à une trentaine de kilomètres de Caceres, le fief de la famille Victorino Martin.

D'ailleurs, en se réveillant dans l'hôtel dans cet épicentre de la vie agricole espagnole, le petit-déjeuner est servi dans le salon "Victorino Martin" et la salle est entièrement décorée en l'honneur du sorcier de Galapagar. Beau préambule avant de découvrir la camada 2014 en compagnie des étudiants en journalisme taurin de Madrid.


DSC_0205.JPGLa meilleure ganaderia du dernier quart de siècle sort d'une temporada 2013 de belle facture marquée par des corridas importantes à Bilbao, Santander, Mont-de-Marsan ou Malaga mais l'échec du solo de Talavante en pleine San Isidro a terni le bilan de la saison.

Victorino Martin fils se félicite malgré tout que "dans absolument dans toutes les corridas de 2013, il est sorti au moins un toro important, y compris dans celle de Madrid".

En 2013, Victorino Martin a lidié son nombre habituel de corridas (entre 14 et 15) avec 92 toros lidiés. S'ils ont connu un pic exceptionnel avec 20 lots dans le passé, 90 toros pâturent à Las Tiesas pour la temporada 2014 pour une quinzaine de corridas.

Le ganadero conserve malgré tout 350 vaches de ventre pour conserver les familles ouvertes (avec une quinzaine de sementals) pour lutter face aux effets de la consanguinité dans un encaste qui garde sa pureté.

A l'image de tous les ganaderos dont le toro est la principale source de revenus, les Victorino Martin Andres s'inquiètent des effets de la crise économique. Ils veulent maintenir un prix digne de la catégorie de l'élevage et doivent affronter la concurrence frontale de ganaderos dont le toro brave est une danseuse ou acceptent de vendre leur bétail en deçà du prix de la viande.

DSC_0211.JPGLe représentant d'une ganaderia très connue, nous confiait d'ailleurs qu'un élevage de prestige, pour ne pas dire une tête d'encaste, a vendu un lot de toros pour 18.000€ dans une arène de seconde catégorie en 2013.

Une honte qui ne permettra pas d'assurer l'avenir des ganaderias au bord de l'asphyxie.

Pour autant, Victorino Martin fils reste confiant dans l'avenir car "nous irons en 2014 dans nos plazas habituelles comme Madrid, Séville, Bilbao, Malaga, Santander ou Mont-de-Marsan".

Quelques jours avant notre rencontre avait été annoncé les cartels de Céret le mano a mano d'Albaserrada Victorino Escolar Gil enchantait le maître des lieux qui a fait volontiers une exception à sa volonté de lidier exclusivement six toros par course.

Dans "Aplausos", il se voulait optimiste sur l'avenir des encastes "non Domecq". "Depuis les 70's, des générations de figuras ont tué très peu d'encastes. Ce n'est pas un phénomène récent. Mais la génération actuelle sera la dernière qui pourra le faire. Car ni les aficionados, ni les empresas, ni les professionnels ne l'accepteront".

Pour preuve, l'an dernier Talavante, Morante, Castella et Manzanares ont affronté les Victorino. Même si les deux toreros qui conservent le plus de crédit à Las Tiesas sont Ivan Fandiño et Antonio Ferrera quand on échange avec le mayoral Felix (qui a subi une grave cornada l'an dernier lors d'un embarquement) et les vaqueros...

DSC_0199.JPGLes cercados de Las Tiesas sont encore remplis cet hiver de cuatreños et cinqueños bien dans le type Albaserrada au niveau des armures et des robes (une majorité de cardeno, et quelques negros ou entrepelados).

On retrouve également les toros des encastes que les ganaderos veulent relancer. Les Vega Villar et les Urcola. D'ailleurs, sous le fer de Monteviejo sont réunis tous les Vega Villar issus des achats des Encinas de Francisco Galache et des Barcial d'Arturo Cobaleda. Et le ganadero explique qu'il "a seulement conservé avec le fer en "U" de Urcola, la branche pure Urcola de Paco Galache".  

Victorino Martin a d'ailleurs précisé l'évolution et les contours de ces nouveaux encastes dans "Aplausos": "Nous avons pour ces deux fers une corrida dans chaque et quelques novilladas pour 2014. Le rafraichissement de Monteviejo avec les sementales  de la branche Encinas de Galache ont bien donné et la probabilité de récupérer cet encaste est assez importante. Le Vega Villar est un toro très spectaculaire. Il faudra plus de temps pour obtenir des résultats mais on y parviendra".

En effet, les "pata blancas" souffrent d'un vieillissement précoce et peuvent connaître des problèmes osseux à quatre ans. Le croisement avec les Encinas permet également de corriger le comportement des Barcial qui laissait toutes leurs forces à la pique afin de gagner un peu en durabilité dans les faenas.

Les Victorino sont malgré tout parvenus à préserver les caractéristiques zootechniques de ces encastes. Les Barcial, avec leur capa berrenda, sont bas, avec des pattes courtes et beaucoup de tête. Et les Urcola (noir et colorado) plus haut, plus charpentés et avec peu d'armures.  

Après avoir eu le privilège de partager le déjeuner d'après tienta avec le ganadera et les étudiants en journalisme taurin, on est reparti les yeux émerveillés en croisant le château de Portezuelo en étant convaincu par l'optimisme et les convictions de Victorino Martin fils.

 

DSC_0544.JPG

 

 

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