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14/06/2014

Entretien exclusif de Midi Libre avec Joselito à la veille de son retour

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JOSELITO « Le torero est éphémère  mais la personne reste »

Onze après sa retraite, l’idole de toute une génération revient pour donner l’alternative à Cayetano Ortiz demain à Istres. 

Vous introduisez votre biographie en disant que le toreo vous a sauvé de la prison ou de la mort par overdose…

C’est vrai que ce livre permet de me raconter et je sais ce que je dois au toro dans ma vie. Il fait partie entière de mon histoire. La tauromachie est magique car elle t’inculque des valeurs.

Je conçois que l’on puisse ne pas aimer la corrida mais il faut respecter la grandeur du toreo et accepter la passion des aficionados. Pour moi, le toreo est une manière de vivre avec ses valeurs et ses devoirs.

C’est pour cela que je suis optimiste pour l’avenir de la Fiesta. Mais il est essentiel de répondre et défendre notre culture quand elle est attaquée malgré la réduction du nombre d’anti-taurins. C’est la raison qui m’a poussé à m’exprimer devant le Parlement espagnol.

Une volonté de transmettre transpire chez vous …

Nous avons pris la direction de l’école taurine de Madrid avec José Luis Bote et El Fundi car nous sommes trois toreros issus de ses rangs. C’était un rêve pour nous.

Nous avons eu la chance d’intégrer cette école qui a forgé notre concept artistique mais surtout notre personnalité.


Nous avons eu la chance d’intégrer cette école qui a forgé notre concept artistique mais surtout notre personnalité. Nous avons une vision quasiment similaire du toreo et la volonté de la transmettre aux nouvelles générations.  

 

Etre considéré comme un exemple pour la majorité des toreros actuels est le plus bel hommage à votre carrière ?

 

Effectivement, ces témoignages des maestros représentent beaucoup pour moi. C’est un motif de fierté et de satisfaction. Me considérer comme torero des toreros est le plus beau des hommages car cela signifie que les nouvelles générations me respectent comme professionnel.

Mais également comme homme ce qui est essentiel Car la personne reste présente alors que le torero est éphémère.  

 

Durant votre carrière, vous restiez éloignés de la médiatisation et défendiez avec vigueur vos intérêts face aux empresas. Regrettez-vous l’évolution actuelle ?

 

Les choses sont certainement plus compliquées aujourd’hui pour percer dans le toreo. Réussir exige beaucoup plus de travail qu’avant et on peut emprunter différentes voix pour réussir.

Mais quand un torero intéresse vraiment les aficionados, il peut toujours y arriver. Mais les cartels des ferias sont souvent fermés dès le début de temporada et il est difficile pour les nouveaux toreros de s’y faire une place. 

 

Vous êtes maintenant agriculteur et ganadero. Votre fer d’El Tajo y La Reina a gagné le respect de l’aficion…

 

Je suis heureux de l’évolution de ma ganaderia mais à ce jour je n’ai réalisé qu’une mince partie de mon objectif comme ganadero.

Je vais tout faire pour réussir mon objectif qui sera très difficile à atteindre : élever un toro qui conjugue beaucoup de race et de classe, avec de la mobilité et surtout de la personnalité. L’avenir nous dira si j’en suis capable. 

 

Pourquoi revenir dans les ruedos onze ans après et renoncer à votre promesse de ne jamais remettre un costume de lumières ?

 

Le projet a pris naissance l’an dernier à Istres après avoir lidié mes toros. Le soir, nous avions discuté avec Morante de la Puebla et il m’a dit qu’il rêverait de toréer à mes côtés une dernière fois.

Au début, je n’y ai pas prêté attention et progressivement l’idée a fait son chemin pour ressentir l’envie de toréer demain. 

 

Quel a été votre préparation pour cette corrida ?

 

 Au cours des dernières années, je ne m’entraînais plus du tout. Même pas du toreo de salon ou des tientas dans mon élevage. Evidemment, j’ai réalisé une préparation physique et artistique importantes.

Ensuite, j’ai torée plusieurs vaches et affronté quelques toros en privé.  

 

Cayetano Ortiz s’est entraîné chez vous et a déclaré que vous n’aviez rien perdu de votre toreo…

 

Le concept du toreo et la base technique restent identiques. Mais avec l’âge et le temps qui passe, je n’ai plus le même niveau qu’avant. Ma seule ambition pour cette corrida est de prendre un maximum de plaisir. De parvenir à transmettre toute ma sensibilité aux aficionados.

Car si je ressors satisfait de ma performance et me sens bien dans le ruedo, je pense que le public sera content.  

 

La corrida de demain sera médiatisée dans le monde entier pour votre retour…

 

Je sais et c’est un cartel magnifique car Morante est un de mes toreros préférés actuellement. Je suis également heureux de donner l’alternative à Cayetano Ortiz devant les Garcigrande. Il a torée chez moi au cours des deux derniers hivers.

Dire s’il sera figura est impossible car je ne l’ai jamais vu toréer un toro. Juste des becerras. Mais c’est un jeune qui possède indéniablement du potentiel. Il a le comportement d’un torero et le courage nécessaire pour se mettre devant un toro.

Après il faudra travailler sans cesse pour s’améliorer au quotidien.  

 

Toute l’aficion espère vous revoir régulièrement sur le sable. Ce retour sera-t-il ponctuel comme vous l’avez déclaré ?

 

Sincèrement, je n’y ai pas pensé. Mais mon intention est de toréer uniquement cette corrida. Tant que je ne serai pas mort, il ne faut jamais dire « jamais ». Mais vraiment, mon ambition est de prendre du plaisir dimanche à Istres.

Et « nada mas ».    

 

Recueilli par Stéphan GUIN

 

 

 

 

 

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