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14/06/2014

Entretien Sébastien Castella Midi Libre samedi dernier

PORTRAIT SEB.JPG« Aucun souvenir de cette blessure qui aurait pu être bien pire ». 

Alors qu’il a frôlé le pire le 18 mai, le Biterrois revient à Nîmes ce soir avec une grande soif de triomphe alors que la réussite le fuit en ce début de temporada. 

Quels souvenirs conservez-vous de cette blessure à Osuna?

J’ai revu l’accident en vidéo car je ne conserve aucun souvenir car j’ai perdu connaissance après ma chute. Quand je suis retombé, le toro m’a mis un coup violent tel un boxeur qui frappe au menton.

Il m’a ouvert toute la joue et mis le coup de corne sous le bras. Je n’en garde aucun souvenir car j’ai repris mes esprits seulement dix minutes après quand on me déshabillait dans l’infirmerie.

Je ne savais pas où j’étais et ce qui s’était passé et un ami m’a dit qu’un toro m’avait blessé et que j’avais gracié le premier.

 

Comment expliquez-vous cet accident ?

On n’aurait cru que ce toro n’aurait pas tué une mouche car il était manso, sortait de la muleta sans envie la tête en haut. J’étais sur son chemin « a contra querencia » et il m’a attrapé. Alors, il m’a bousculé avec violence en me projetant comme un chiffon.

J’ai eu énormément de chance et au-delà du coup de corne, la voltereta aurait pu avoir des conséquences bien pires.


Ce fut une corrida paradoxale car, avant cette blessure, vous aviez gracié un toro…

Encore aujourd’hui, je ne conserve que de vagues souvenirs de cet indulto. Ce toro était bon mais très exigeant car il avait de la race, bougeait beaucoup et il faisait un vent infernal. Mais un indulto est forcément une grande satisfaction car pour un torero rien n’est plus beau que redonner la vie à un toro.

 

Pourquoi prendre des risques face à ce second toro sans qualité alors que le triomphe était assuré ?

Si je n’avais pas fait l’effort, je ne serais pas Sébastien Castella. Ma signature c’est de donner toujours le maximum face à chaque toro. Que ce soit Madrid ou un village. Que j’ai indulté ou coupé la queue à mon premier toro. Je veux tirer le maximum de chacun car les spectateurs ont payé pour me voir devant deux toros. 

C’est ma marque de fabrique et ce genre de geste marque l’histoire de la tauromachie. Cela m’étais déjà arrivé  à Bayonne avec El Juli et Morante. J’avais obtenu la queue de mon premier toro puis coupé l’oreille du second en recevant une cornada qui m’avait privé de grande porte.

 

Avez-vous récupéré de cette blessure ?

J’ai voulu reprendre rapidement car je toréais une seconde fois à Madrid dix jours après. Avec l’euphorie et le traitement, j’ai oublié un temps les douleurs ressenties. Mais les deux corridas suivantes, j’étais vidé car j’avais stoppé les anti-inflammatoires. Tous les coups reçus dans le passé sont alors ressortis.

Je suis retourné à l’Hôpital pour une forte douleur à la poitrine. Le médecin m’a expliqué que c’était la conséquence d’une vieille cornada à Cali qui avait nécessité la pause d’une plaque en fer. Aujourd’hui, je conserve des séquelles et des douleurs, mais les choses progressent normalement.

 

Le bétail ne vous a pas permis de triompher lors des quatre corridas de Séville et Madrid…

Je n’ai pas envie de revenir sur le passé car chacun sait parfaitement ce qu’il s’est passé. Certaines temporadas la malchance te poursuit et tu dois affronter les blessures. La saison continue et je regarde droit devant. Mais je retiens le respect dont m’a témoigné le public de Las Ventas pour avoir fait face aux responsabilités au lendemain de cette blessure. Les juges de Madrid sont toujours très justes.

Ce public m’a toujours soutenu car il sait que je me joue toujours la vie. Toréer à Madrid est un éternel recommencement mais cette arène connaît ton parcours et ne pas triompher une saison ne remet rien en cause.

D’ailleurs, le 29 mai, le public a sifflé les autres toreros mais j’ai senti leur respect car ils savaient que les toros ne permettaient rien. Les gens ont été chaleureux et m’ont ovationné. Y compris le tendido 7.

                       

Votre opinion sur cartels de la Feria publiés ce mardi ? 

J’ai dit à Robert Margé que cette année, Béziers sera la meilleure feria de France. Elle est très complètes avec des évènements importants, la présence des figuras et de toreros français.

J’espère que les résultats artistiques seront à la hauteur des cartels qui sont les meilleurs depuis plusieurs années. Comme on dit en Espagne, c’est une Feria très « rematée » car cette année les quatre corridas sont toutes très intéressantes. Je suis heureux de toréer deux fois et comme chaque année, je vais donner le maximum.

 

Un an après, que reste t’il du solo de Béziers ?

Enormément de choses positives même si j’aurais dû couper plus d’oreilles avec plus d’efficacité à l’épée. J’ai offert une dimension importante dans des conditions très compliquées. Je suis fier d’avoir affronté cette chaleur mais surtout des vents contraires car les toros ne permettaient pas d’en faire un événement extraordinaire.

Seuls le Margé et le Zalduendo m’ont permis de m’exprimer réellement.

Depuis toujours, j’essaie de porter les couleurs biterroises le plus haut possible. Et ce jour là, le public a quasiment rempli les arènes, ce qui est rare pour les solos, et m’a rendu tout cet amour. Il me reste encore beaucoup de choses à lui donner dans les arènes de Béziers mais aussi ailleurs, car je retrouve toujours au fin fond de l’Espagne ou en Amerique du Sud, des Biterrois présents pour m’encourager.

 

Si vous deviez tirer un enseignement de ce seul contre six?

J’avais pris le soin de sélectionner tous les toros et de présenter du bétail avec des armures et un gabarit exemplaires. J’ai toujours mis un point d’honneur à combattre chez moi des toros intègres.

C’est certain que si je dois refaire un seul contre six dans l’avenir, je ne choisirai pas les toros. Il vaut mieux que ce ne soit pas les toreros qui le fasse (sourire)!

 

08:25 Publié dans Sébastien Castella | Commentaires (2) |  Facebook | |

Commentaires

un vrai humain et quelqun de tres sympa le torero parfait mais qui a pas de chance o sorteo mais on est la quand mm

Écrit par : beteille | 14/06/2014

un vrai humain et quelqun de tres sympa le torero parfait mais qui a pas de chance o sorteo mais on est la quand mm

Écrit par : beteille | 14/06/2014

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