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15/10/2014

Entretien Manuel Martinez Erice Midi Libre Partie 1/2

MANUEL MARTINEZ ERICE 1.jpgL'entretien Complet du nouvel apoderado de Sébastien Castella

Midi Libre de lundi.

Patron des arènes de Madrid issue de la dynastie de professionnels taurins des Chopera, le nouvel apoderado de Castella a reçu Midi Libre dans son bureau de Las Ventas le vendredi dernier.

 

 

 

Pour vous présenter en deux mots, vous êtes l’empresa des arènes de Madrid et l’héritier de la famille de « taurinos » la plus puissante au monde…

 

En effet, je suis issue de la fameuse famille Chopera et je suis la quatrième génération de professionnel. Mon arrière-grand père a lancé l’empresa et son fils a mené la famille au sommet taurin. Ensuite, mon père José Antonio Martinez Uranga (dit « Choperita ») s’est séparé de Manolo Chopera qui a dirigé de nombreuses arènes françaises.

Depuis dix ans, nous sommes empresa des arènes de Madrid et j’ai également apoderé de nombreux toreros comme Niño de la Capea, Hermoso de Mendoza, Finito de Cordoba, Manuel Caballero ou Talavante. Et maintenant, je regarde vers l’avenir car je suis très motivé d’être devenu l’apoderado de Sébastien Castella.  

 

Pourquoi revenir comme apoderado après un an de recul ?

 


Etre apoderado est la facette du métier qui m’a toujours le plus attiré car c’est le métier taurin qui se rapproche le plus de celui de torero. Jusqu’à ce que le toro sorte, car après on reste dans le callejon et c’est très différent!

On voyage ensemble, on dort dans les mêmes hôtels, on saisit les mêmes opportunités et on partage les moments de peur mais également de joie des maestros.

Pour des raisons personnelles, j’ai préféré n’apoderer personne en 2014 après la fin de ma collaboration avec Talavante.

C’était une belle étape de ma carrière mais je préférais me consacrer plus à ma famille et aux arènes de Madrid après quatre années où j’étais toujours éloigné de ma famille.

Mon idée était de continuer ainsi et je n’ai donné suite à aucun contact depuis un an.   

Pourquoi avez-vous changé d’avis. Difficile d’imaginer que tout s’est négocié en 24 heures comme l’évoque la presse taurine? 

C’est pourtant la pure vérité. La fin de sa collaboration avec Luis Manuel Lozano (Luisma) a été une surprise pour tous les deux.

Sébastien n’avait pas imaginé cette mauvaise surprise quand son apoderado lui a annoncé le dimanche soir après sa corrida de Séville que leur relation prenait fin. Il était très heureux avec lui et Luisma a fait un travail phénoménal avec lui.

C’est d’ailleurs son apoderado qui a servi d’intermédiaires pour établir le contact entre nous car il avait beaucoup d’affection pour Castella et se sentait redevable après l’avoir quitté pour El Juli. Ensuite, quand une figura aussi importante que Sébastien Castella envisage de toréer avec toi, c’est une opportunité impossible à laisser passer.  

Comment se sont déroulées les négociations ? 

Après leur séparation du dimanche soir, nous avons échangé par téléphone et on a décidé de travailler ensemble au cours d’un repas sur Madrid le lendemain. Tout s’est décidé rapidement car j’étais enchanté de l’apoderer car c’est une grande figura et un homme avec beaucoup de personnalité.

Quant à Sébastien, il me connaît déjà depuis de nombreuses années et apprécie ma façon de travailler. On partage un respect mutuel et c’est un des rares toreros qui fait confiance et laisse travailler son apoderado. 

Son statut de « torero de Madrid » a du conforter votre choix ? 

En premier, lieu, j’ai toujours apprécié l’homme même s’il est difficile d’accès. C’est une personne entière, sérieuse et qui  avance toujours dans la vie sur un chemin rectiligne. Un torero qui a toujours les idées des claires car il a toujours refuser de suivre le mouvement des autres figuras avec le G10, puis le G11 et maintenant le G5.

Lui a toujours voulu mener sa carrière de son côté sans rentrer dans cette guerre entre toreros, apoderados et empresas. Après, c’est vrai que sa trajectoire dans les arènes de Madrid est extraordinaires.

On se rappelait encore hier (jeudi dernier) avec mon père de sa présentation à Madrid en 2004 devant des Valdefresno. Deux ans après, ses honoraires ont naturellement été multipliés par dix quand il est devenu figura ! Mais on n’a jamais connu de difficultés pour trouver un accord en une décennie.

Ses apoderados successifs, Luis Alvarez puis Luisma, avaient des exigences normales pour un torero de ce rang, mais il sait faire des gestes qui marquent les empresas. Car dans certaines occasions, l’organisation a besoin d’une effort ou d’une concession particuliers. Et il l’a toujours fait et ces valeurs signifient beaucoup pour moi. 

Envisagez-vous une collaboration au long cours ?

S’engager avec un apoderado est comme un mariage. On espère toujours s’unir pour la vie. Il faudra du temps pour se découvrir mais on partage des valeurs humaines importantes. On essaiera de célébrer nos noces d’argent !

Suite de l'entretien demain sur corrida y campo...

09:22 Publié dans Entretiens | Commentaires (0) |  Facebook | |

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