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16/10/2014

Entretien Manuel Martinez Erice Midi Libre Partie 2/2

entretien manuel martinez erice,entretien apoderado sebastien castella,entrevista manuel martinez ericeL'entretien Complet du nouvel apoderado de Sébastien Castella: partie 2.

Midi Libre de lundi.

Avec vos obligations aux arènes de Madrid, pourrez-vous accompagner Castella au quotidien ? 

Evidemment. Quand je décide d’apoderer un torero, je m’implique totalement. Cela nécessite une présence physique et je serai partout où Sébastien va toréer mais si cela nécessite un effort familial et professionnel.  

Qu’espérez-vous apporter au niveau artistique à un torero aussi expérimenté ? 

Je ne vais pas apprendre à un torero qui est matador de toros depuis bientôt quinze ans, comment tenir une muleta et où se placer devant un toro !

J’espère que ma façon d’être lui apportera sérénité et tranquillité.  Je fais partie de cette école qui est convaincue que si aujourd’hui les choses se passent mal, tout ira mieux demain.

Je suis pas de ceux qui mettre la pression au torero avant chaque paseo car un trentenaire comme Sébastien Castella sait parfaitement ce qu’il doit faire devant un toro. Je suis très motivé par cette collaboration mais mon apport sera essentiellement psychologique.

Pour lui donner confiance et lui faire comprendre que cette difficile rupture avec Luisma est une étape dans sa carrière pour grandir encore.

 


Castella n’a plus triomphé dans les très grandes arènes au cours des dernières temporadas… 

Lors de notre repas, Sébastien a reconnu qu’il n’était pas au niveau espéré depuis deux ou trois ans. Les dernières temporadas n’ont pas été les meilleures de sa carrière quand il avait mis la barre très haute.  

Je serai à ses côtés pour l’aider à se régénérer. Pour qu’il se redécouvre lui même. C’est un torero qui a un courage énorme et c’est la qualité première pour moi.  

Je suis très optimiste en l’avenir sinon je ne me serai pas lancer dans cette aventure. Je suis convaincu qu’il a les qualités pour atteindre un niveau bien supérieur encore qu’à cette époque.

C’est une certitude.  

Au lendemain de Séville, le torero a décidé de faire une pause avant de reprendre en Amérique Latine … 

On n’a pas encore eu le temps de rentrer dans le détail du programme de cet hiver. Il devrait reprendre en début d’année ou quelques cartels sont quasiment arrêtés. Ce week-end, je dois d’ailleurs rencontrer les impresarios de Manizales, Medellin et Cartagena pour finaliser ces négociations. 

Depuis un an, il est souvent absent de Feria du Sud-Ouest et pour la première fois, il n’a pas participé aux dernières Vendanges à Nîmes… 

Déjà, il était au cartel pour Pentecôte. Après, ce sont des choses qui ont toujours existé dans le toreo. C’est justement mon rôle de maintenir le lien avec les empresas dans les négociations au-delà des tensions qui peuvent exister ponctuellement.

Ma volonté est qu’il soit présent dans toutes les grandes Ferias françaises. Peut-être ne pourrons-nous  pas conclure avec certains mais mon ambition est qu’il soit présent partout.   

Castella fêtera ses quinze ans d’alternative en 2015. Cette temporada sera t’elle marquée par quelques cartels symboliques ? 

Dès notre première rencontre, il m’a évoqué cet anniversaire et j’ai ressenti une réelle envie de faire des gestes particuliers surtout dans son pays.

Psychologiquement, c’est important pour lui d’avoir des cartels en France car ce sont ses racines. Et je pense qu’il voudra célébrer ces quinze ans avec des cartels spéciaux. Mais je ne sais pas encore dans quelle arène et sous quelle forme.

Peut-être dans sa ville à Béziers ?

Nous avons un trimestre devant nous pour échanger, nous découvrir et passer du temps au campo et décider tranquillement des grandes orientations de 2015.  

Et en Espagne ? 

Sébastien est un torero qui aime toréer régulièrement. Il débutera la temporada à Castellon puis on enchaînera dans toutes les grandes arènes comme Valencia, Séville ou Madrid.   

Il était régulièrement exclus des arènes de vos cousins Oscar et Pablo Chopera (Bilbao, Almeria, Santander…). Votre arrivée peut l’aider à revenir dans ces ferias ? 

Je ne suis pas comme certains apoderados qui garantissent au torero leur présence dans telle ou telle arène. Je n’ai rien assuré à Sébastien Castella.

Je lui garantis juste de mettre tout mon savoir, mon expérience et, bien évidemment, mon réseau relationnel, à son service. Chaque torero et chaque apoderado a ses entrées et ses détracteurs dans certaines arènes ou régions.

Le changement peut aider à renouer des liens et je crois entretenir de bonnes relations avec tous les professionnels taurins. Qu’il soit de ma famille, comme Pablo et Oscar avec qui on s’entend parfaitement, ou pas.

J’ai reçu de nombreux appels de « taurinos » qui accueillent positivement notre collaboration. D’ailleurs, un des premiers à m’avoir appelé pour me féliciter lundi dernier est Oscar Chopera et il m’a dit qu’on pouvait comptez sur eux l’an prochain.   

Pouvez-vous expliquer l’organisation de Taurodelta, votre société qui gère Madrid, où Simon Casas est présent ? 

Historiquement, les impresarios faisaient un peu tout dans l’organisation. On programmait les cartels, choisissait les toros, gérions les embarquements, la presse, le commercial. Nous étions une entreprise familiale et nous dirigions, avec mon père, ce bateau où étaient également embarquées ma mère et mes sœurs.

Progressivement, mon père m’a confié plus de responsabilités et on s’est organisé par départements. Au cours du dernier appel à candidature pour diriger Las Ventas, on a décidé de renforcer notre candidature en nous associant avec des professionnels aussi reconnus que « Tonio » Matilla, un ami intime, et Simon Casas, un professionnel reconnu depuis toujours.

Dans un contexte compliqué au niveau économique et relationnel avec les toreros, cela nous garantissait une protection au départ. Depuis trois ans, cette collaboration s’est mise naturellement en place et on n’a pas divisé les responsabilités entre chacun. Dès le mois de janvier, on commence à monter ensemble la Feria et les choses se font facilement car ce sont de grands professionnels taurins. Simon Casas est particulièrement attiré par la dimension culturelle.

Et il a cette capacité à parler et à prononcer des discours tant il est convaincu par ce qu’il dit. Personnellement, j’en serai incapable et l’apport de Matilla et Casas est très important pour Madrid.

Stéphan GUIN

 

09:27 Publié dans Entretiens | Commentaires (0) |  Facebook | |

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