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19/10/2014

Entretien Miguel Angel Perera Midi Libre Nîmes 1/2

entrietien miguel angel perera, entrevista miguel angel pereraVous réalisez une temporada de rêve et pourtant, vos premières corridas ont été décevantes…

 

En effet, la saison n’a pas commencé de manière idéale car je n’ai pas réussi les succès espérés. Au cours des premières ferias, comme à Olivenza, Castellon, Valencia ou au Mexique, la malchance ne m’a pas épargné lors des sorteos car tous mes lots de toros ne m’ont laissé aucune option.

Ce sont forcement des périodes qui provoquent un certain doute. J’ai toujours persévéré car j’avais la certitude que la chance allait tourner à un moment. Grâce à Dieu, ce moment est arrivé le 23 mai à Las Ventas et ce fut le point d’inflexion de ma temporada 2014. Depuis, je ne vis que des moments extraordinaires. 

 

Surtout que ces difficultés sont arrivés en parallèle de la polémique avec le G5 qui a boycotté la feria de Séville. Etiez-vous inquiet à ce moment là ?

 

Tout a déjà été dit sur ce sujet avec l’absence de Séville de Morante de la Puebla, El Juli, Manzanares, Talavante et moi. Quand nous avons signé ce document contre l’empresa de Sévilla, nous étions pleinement conscient de la portée de ce geste.


 

 

Mais nous étions pleinement convaincu d’avoir pris la bonne décision. Je reste persuadé que ce choix est positif et respectueux de l’aficion de Séville.  

 

Vous menez votre carrière avec Fernando Cepeda, un apoderado indépendant. Est-ce une difficulté supplémentaire de ne pas travailler avec les grandes empresas ?

 

C’est évident que les négociations sont plus difficiles pour les toreros indépendants. Si je n’avais pas triomphé à Madrid, j’aurai subi des attaques violentes.

Mais je ne peux pas envisager une autre voie dans mon parcours que celle là. Car je veux rester maître de mener ma carrière comme je le souhaite. 

 

Ces trois oreilles coupées à Madrid le 23 mai ont été un des plus grands moments de la temporada. Peut-être le meilleur ?

 

Cette course a dépassé tous les rêves que je pouvais nourrir. Avant chaque corrida à Madrid, on s’imagine tous plein de choses. Mais jamais, on rêve que cela se passe aussi bien.

Pour triompher à Madrid, il faut réunir beaucoup de conditions pour que l’alchimie réussisse. Je remercie Dieu parce que les astres se sont joints pour que je puisse prendre autant de plaisir. Mon premier adversaire a été un bon toro face auquel j’ai pu interprété un toreo profond et très esthétique.

Le second a provoqué plus de danger mais je voulais faire bonne figure. Dans ma tête les choses étaient claires. Je ne pouvais pas rester dans le confort des deux premières oreilles et je devais tout donner.

Je l’ai fait et les aficionados qui remplissaient Las Ventas l’ont parfaitement compris et valorisé, en m’octroyant un trophée supplémentaire. 

 

Quinze jours après, vous triomphez une nouvelle fois pour la San Isidro et ouvrez votre quatrième grande porte à Madrid comme matador de toros…

 

Sortir « a hombros » deux fois d’affilée de la plus grande arène du monde est quelque chose d’incroyable. Pour marquer mon dixième anniversaire comme matador de toros, j’avais demandé à l’empresa d’affronter les Adolfo Martin et les Victorino Martin. Pour commémorer ces dix ans, j’ai toujours voulu réaliser un geste particulier au moment de construire ma temporada.

Finalement, je n’ai torée que la corrida d’Adolfo. C’était un challenge important, car je savais que certains ne m’auraient pas épargné si les choses s’étaient mal déroulées. Heureusement, je traverse un grand moment professionnel et la pression liée à cet événement ne m’a pas pesé et j’avais l’esprit très clair.  

 

Le reste de la temporada n’a été qu’une accumulation de triomphes importants…

Je veux insister sur le fait que je m’accomplis pleinement à titre personnel. Cela me permet d’être lucide sur le sable. C’est clair que je réalise une très grande saison avec tous ces triomphes dans des arènes importantes comme Pamplona, Santander, Albacete ou Gijon.

Cette année, je pense avoir réussi la meilleure faena de ma carrière à Bilbao le mois dernier. Je veux malgré tout souligner que 2014 est dans la continuité des deux temporadas précédentes où je me suis maintenu à ce même niveau. Par exemple, en 2012 et 2013, j’ai connu des triomphes dans des arènes aussi prestigieuses que Madrid ou Bilbao.

Ou encore cette grande faena de Séville, le 28 septembre dernier, qui aurait du m’ouvrir la « Puerta del Principe » si j’avais réussi mon estocade. 

09:42 Publié dans Entretiens | Commentaires (0) |  Facebook | |

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