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13/01/2015

Après la crise et l'émotion, quels enseignements?

BARCELONA.jpgDans un moment d'unité nationale, le milieu taurin aurait dû s'éviter une polémique bien inutile d'autant que les anti-taurins avaient fait preuve de leur maladresse habituelle en essayant de faire de la récupération en mélangeant leur cause.

Après que la grande majorité se soit levée après cette polémique regrettable, l'ONCT et l'UVTF doivent se poser la question de leur représentation car communiquer dans des périodes aussi sensibles exige de peser chaque mot avec précision.

Cela n'a pas été le cas.

Encore une fois, en lisant la composition du CA de l'Observatoire (http://www.culturestaurines.com/administration), je suis convaincu qu'il sera apporté la bonne réponse sur sa représentation.

Comme l'écrivait à juste titre Guillaume François sur notre page Facebook, il est maintenant temps de "se rassembler" pour défendre notre cause.


Il invite à "regarder les deux plateaux de la balance: et dans le positif, regardons lucidement tous l'œuvre positive et l'immense travail accompli par l'ONCT et son Président depuis 8 ans.".

La réponse donnée dans les prochaines semaines sera certainement la bonne et devra recevoir le soutien de l'aficion.

Après avoir dénoncé ces propos, je me garde comme certains de vouloir condamner André Viard sans lui offrir la possibilité de s'expliquer devant l'ONCT. Si je regrette quelques excès, il a été un leader qui a contribué aux avancées pour protéger la Fiesta et peu d'aficionados auront l'envie de s'engager dans ce combat consommateur de temps et d'énergie.

Même si on ne pourra plus tolérer de tels dérapages dans l'avenir dans la communication de ses représentants. Car il sera bien difficile de gommer les effets de ce tweet dévastateur par un simple communiqué bien opportun... 

De même, l'UVTF ne pourra s'exonérer de ce débat. Déjà, il est surprenant (même si elle est le fruit de l'alternance et d'enjeux politiques que tout le monde connait) que les villes taurines soient représentées par une arène de 3ème catégorie (avec tout le respect que j'ai pour St Gilles).

Imaginez un club de National qui soit la voix de la Ligue de Football professionnelle?

Mais là encore, son Président a manqué de clairvoyance est soutenant aveuglément M.Viard, et en allumant un contre-feu en suspectant les personnes choquées par ce mail de réaliser un "règlement de compte" et un "lynchage médiatique indigne". Sans jamais se désolidariser du tweet de M.Viard...

Une fois donnée la réponse à ces gouvernances, ces organisations devront revenir à l'essentiel.

Déterminer une voix qui traduise la pensée de l'aficion pour garantir l'union et poursuivre, encore et toujours, les avancées législatives pour protéger encore mieux la Fiesta.

Les travaux législatifs ont déjà obtenu des résultats extraordinaires mais je reste convaincu que le principal danger qui guette la corrida n'est pas les anti-corridas.

Il réside plutôt dans ses équilibres économiques et dans la qualité des spectacles proposés.

Une tauromachie en difficulté économique et sans qualité artistique la fragilise devant les politiques. L'exemple Catalan est là pour en témoigner.

Si Barcelone avait conservé son prestige, s'il avait continué à remplir ses deux plazas chaque dimanche comme dans les années 60, aucun politique -même indépendantiste- n'aurait pris le risque de vouloir interdire la corrida sous prétexte que c'est une culture espagnole et non pas catalane.

La corrida subit de plein fouet les effets de la crise économique en Espagne, et dans une moindre mesure, en France. 

Rares sont les ganaderos qui vivent de leur activité d'éleveurs de toros bravos.

Les empresas peinent à équilibrer leur bilan.

La grande majorité des toreros éprouvent des difficultés pour trouver des cartels et vivre de leur métier.

Des évolutions sont donc nécessaires pour retrouver un engouement populaire qui permette à chaque professionnel de vivre correctement.

A ce jour, les questions ont été mal posées par le G10, devenu G12, puis G5. Fort heureusement, ces tentatives d'une poignée de nantis ont été veines et condamnées par l'aficion car elles servaient une minorité d'intérêts particuliers.

Et je dois reconnaitre les mérites d'André Viard dans ce débat où il a toujours tenu des propos fermes (et il a été le précurseur en France et en Espagne) sur ce club des nantis égoïstes.

Il est temps que chacun se mette autour de la table pour développer un dialogue constructif.

Le salut passera par de la créativité dans les cartels et le respect d'une corrida intègre qui mette en valeur le toro bravo.

Enfin, il faudra trouver des réponses dans les politiques tarifaires pour permettre aux plus jeunes (et aux familles) d'y accéder. Car la moyenne d'âge dans les arènes ne reflète pas celle de la société. Loin s'en faut.

Et c'est un sujet de préoccupation pour l'avenir de la Fiesta...

Comme souvent dans le mundillo, Simon Casas ne manque pas d'idées créatives (cf un Aplausos récent).

Toutes ne sont certainement pas bonnes pour l'avenir de la Fiesta (quand il veut supprimer la seconde pique, tercio qu'il faut au contraire mieux valoriser tant il est magnifique quand on l'exécute dans les règles de l'Art).

En revanche, je rejoins sa position de proposer une politique de prix à deux vitesses. Doit-on faire payer le même prix pour un José Tomas, Morante et une troisième figura, que pour un cartel moins prestigieux?

En foot, le tarif est-il le même pour un Barca-Real qu'un Bordeaux-Rennes?

On pourrait imaginer des prix réduits pour des cartels de qualité avec des toreros en devenir ou pour des corridas toristes.

Un Urdiales, Paulita, Robleño, Castaño, ou Aguilar ou Rafaelillo devant des Adolfo, des Escolar ou des La Quinta.

Ca coute beaucoup moins cher et ce n'est pas moins intéressant pour permettre au public d'accéder à la corrida tout en revenant à son essence.

On peut développer le même raisonnement avec des toreros en devenir comme Galvan, Del Alamo ou de jeunes français qui ne demandent qu'à saisir leur chance.

C'est une idée parmi d'autres, mais il est urgent d'investir sur la qualité et l'intégrité des spectacles et résoudre l'équation pour attirer un nouveau public qui remplisse les arènes.

 

 

 

Commentaires

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Écrit par : H. Bousquet | 14/01/2015

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