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10/05/2015

Robert Margé réalise son rêve espagnol

MARGE CASTELLA PAGES MOLINA.jpgArticle Midi Libre de vendredi

L’éleveur dirigera la célèbre ganaderia de Javier Molina acquise par l’industriel Philippe Pages


Certains annoncent régulièrement sa fin prochaine, alimentent des rumeurs sur sa solvabilité et Robert Margé renaît toujours de ses cendres.

L’ancien employé de banque devenu manadier est arrivé à la tête des arènes de Béziers par hasard et une horde de postulants pensaient déjà revenir aux affaires deux décennies en arrière avec l’élection de Raymond Couderc. Son carnet d’adresse, un talent de communiquant et un sens avéré de la stratégie lui ont permis de donner tord à tous les pronostics.


Trois mandats plus tard, la côte de l’empresa était au plus bas quand Robert Ménard a pris la tête de la Ville avec le soutien d’opposants historiques à Robert Margé. Un redressement de TVA faisait même enfler les rumeurs sur sa situation financière et la fin certaine de son règne sur les arènes du Plateau de Valras.

 

Une nouvelle fois, le ganadero a sauvé son trône in extremis en début d’année pour signer un nouveau mandat de six ans. Le poids de la Commission taurine semble d’ailleurs demeurer symbolique car l’annonce de la prochaine Feria ne devrait pas marquer une inflexion notable dans le contenu des cartels malgré les préconisations du Comité des Sages.

 

Ce renouvellement à la tête des arènes s’est suivi d’un projet de grande ampleur pour Robert Margé qui aime à se définir « d’abord comme un homme de campo ».

En effet, Philippe Pages, un industriel qui a fait fortune dans le domaine de la santé, vient de faire l’acquisition de la finca et du bétail de Javier Molina.

Déjà associé à Pascal Mailhan au sein de la ganaderia Pages-Mailhan, ce chef d’entreprise devient le propriétaire d’ « El Sardinero » et de ses 800ha de terres luxuriantes dans la Sierra de Constantina.

 

Ces collines situées au Nord-Est de Séville constituent certainement la plus belle région d’Espagne pour élever des toros de combat.

Les plus grandes fortunes espagnoles en raffole car Philippe Pages aura pour voisin les fincas de grandes figuras comme Espartaco, Ortega Cano, Diego Puerta ou la regretté Dolores Aguirre qui était l’épouse d’un banquier ibérique milliardaire.

 

L’industriel aficionado a décidé de confier la direction de sa ganaderia à Robert Margé qu’il considère « comme le meilleur éleveur français muni d’un carnet d’adresse impressionnant chez les ganaderos et les toreros espagnols ».

 

Ravi de ce projet, l’éleveur des Monteilles rajeunissait de trois décennies et remerciait son associé. « J’ai toujours rêvé de devenir ganadero en Espagne. Philippe Pagès me le permet ».

 

L’agenda de Robert Margé s’annonce chargé au cours des prochains mois car il souhaite diriger de front les deux fers. « Ma ganaderia est bien installée en France et je ne souhaite rien changer. Je me rendrai en Andalousie une douzaine de jours par mois pour relancer cet élevage historique au cours des prochaines temporadas. Il se compose aujourd’hui d’une cinquantaine de vaches et de six étalons».

 

Philippe Pages souligne la complémentarité de leurs compétences. « Je laisserai la direction entière de l’élevage à Robert Margé qui est une référence et j’apporterai mon savoir-faire pour le reste ». Le projet du ganadero des rives de l’Aude est déjà clair. « On se produira pendant deux ans en novilladas en Espagne et on devrait tripler le nombre de vaches rapidement en faisant l’acquisition de lots de garantie ».

D’origine Fuente Ymbro, la ganaderia devrait rapidement prendre une coloration plus commerciale pour séduire les figuras avant un retour en corrida à moyen terme.

 

Des élevages de référence comme Garcigrande ou Nuñez del Cuvillo sont fortement pressentis pour construire la ganaderia d’Ave Maria mais Robert Margé préfère rester vague sur ses intentions.

 

Sans cacher son bonheur avant de partir à la conquête du marché espagnol.

 

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