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28/05/2015

Entretien Philippe Pages sur la création de la ganaderia Ave Maria

DSC_5613.JPGArticle Midi Libre du jour

Après avoir fait fortune dans l’industrie, Philippe Pagès vient de racheter la finca de Javier Molina. Robert Margé dirigera la ganaderia en Espagne.    

Philippe Pages, on vous présente comme un viticulteur et un industriel gardois aficionado… 

A la base je suis industriel dans le domaine de la santé et du textile. J’ai toujours eu la passion pour la camargue et du toro. J’ai décidé de me lancer dans l’aventure du toro brave quand j’ai eu l’opportunité d’acheter un lot à Cesar Chico d’origines Manuel Arranz (Parladé –Santa Coloma pour les spécialistes).

J’ai pu fonder ma ganaderia en 2000 avec Pascal Mailhan pour donner naissance à l’élevage de Pagès-Mailhan. Après avoir gagné la reconnaissance des aficionados en novillada, nous avons ensuite fait le saut en corrida.

Au cours des dernières années, nous avons rafraîchi ce sang en achetant 70 vaches de Fuente Ymbro pour adoucir le comportement des toros et donner une dimension plus « commerciale ». 


Comment est venu l’envie d’acheter une finca aussi prestigieuse que celle de Javier Molina ? 

Grâce au relationnel impressionnant de Robert Margé chez les professionnels espagnols, nous avons visité plusieurs fincas en Andalousie. Au décès de la veuve de Javier Molina à l’âge de 102 ans, nous avons été alerté que le ganadero actuel, Rafael Molina et les 35 héritiers de l’élevage, envisageaient de céder cette propriété située dans la Province de Séville.  

Quand j’ai découvert El Sardinero, je suis tombé sous le charme car elle bénéficie d’un cadre exceptionnel et son histoire transpire à travers les murs. Je ne pouvais pas laisser passer cette occasion exceptionnelle d’acheter cette superbe finca de 800 hectares qui se situe dans la Sierra de Constantina, le carré d’or des ganaderias espagnoles au côte de Dolores Aguirre, Espartaco ou Ortega Cano.

Elle a conservé son caractère et sa marque de fabrique et bénéficie d’un climat privilégié au milieu de la sécheresse andalouse.  

Quelles seront vos ambitions comme ganadero ? 

J’ai acheté à titre personnel les 800 ha de la finca, le fer de la ganaderia et les 500 bêtes présentes à El via l’acquisition de vaches de Fuente Ymbro. Cet acquisition me permettra par ailleurs de rafraîchir ma ganaderia actuelle. Au niveau de l’élevage de toros, je me suis associé avec Robert Margé qui en sera le représentant officiel.

Comme avec Pascal Mailhan pour mon élevage français, je lui délèguerai totalement la partie taurine qu’il maîtrise parfaitement.

C’est une association de compétence car Robert Margé était l’homme idéal pour développer ce projet car il est sans conteste le meilleur ganadero actuel en France. Il apportera son savoir-faire comme éleveur.

Moi, d’autres compétences. On séparera parfaitement nos tâches et je laisserai une totale liberté à Robert pour développer la ganaderia et faire la sélection.  

Vous conserverez l’élevage dans la Province de Séville ? 

On veut conserver ce patrimoine de Javier Molina et le bétail restera à El Sardinero. La finca bénéficie d’un environnement exceptionnel avec une herbe abondante, une propriété vallonnée.

On va construire sur la base actuelle de la ganaderia avec le Fuente Ymbro. On avancera par étape en débutant en novilladas avant d’envisager un passage en corrida si les premières temporadas sont positives.

On développera l’élevage en faisant des apports de sang avec des achats dans des élevages de garantie qui plaisent aux figuras. C’est nécessaire pour gagner une place dans les cartels espagnols.   

Pourquoi avoir choisi le nom d’Avé Maria pour la ganaderia ? 

Déjà, je ne voulais pas accoler à nouveau mon nom à l’élevage comme pour Pagès-Mailhan. De même, lidier sous le nom d’El Sardinero était guère séduisant.

En achetant le fer historique, nous avons voulu rendre hommage à la ganadera et préserver ce patrimoine.

Le nom d’Avé Maria nous est venu naturellement car un grand azulejo avec ce nom est présent devant la finca et la veuve de Javier Molina a laissé en héritage une quantité impressionnante de chapelets dans la bâtisse.  

 

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