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29/05/2015

Castella et Jabatillo pour l’éternité dans le ciel de Madrid

foto7.jpgArticle Midi Libre du jour

Auteur d’une faena d’anthologie,  le Biterrois a ouvert mercredi sa 4ème grande porte à Madrid en coupant deux oreilles.  

« J’ai touché le ciel de Madrid en toréant. J’ai sorti le meilleur Castella. L’épée n’était pas parfaite mais la faena énorme. Je suis très heureux pour plein de raisons.

Et plus spécialement pour un Monsieur, Don Pablo Lozano (le ganadero d’Alcurrucen) et pour mon apoderado Manuel (Martinez Erice) pour tout ce que nous avons dû affronter ».

Quelques secondes après la tombée du second mouchoir par la Présidence, Sébastien Castella faisait preuve d’esprit de synthèse et de la même lucidité que face à ce grand toro d’Alcurrucen auquel il a réalisé une faena qui restera longtemps gravée dans l’histoire de Las Ventas.


Avant ce second paseo à Madrid mercredi, le Biterrois faisait déjà l’unanimité chez les professionnels et les aficionados après trois grandes faenas à Valencia, Séville et Madrid la semaine dernière qui succédaient à un hiver triomphal en Amérique du Sud. Tous s’accorder pour dire qu’il développait actuellement le meilleur toreo de sa carrière. 

L’ex-Roi Juan Carlos et les consultants de Canal +, Cesar Rincon et Emilio Munoz avait d’ailleurs critiqué le palco pour lui avoir refusé une seconde oreille lors de sa première prestation à Las Ventas.

Toute l’aficion pronostiquait déjà une quatrième grande porte pour ce cartel phare de la San Isidro au côté de Morante de la Puebla et El Juli qui ont écouté quatre silences.  

Cinq toros d’Alcurrucen ont beaucoup déçu mais quand Jabatillo est rentré en 3è position sur le sable, le public a immédiatement rugi quand Castella a ouvert sa cape pour dessiner des veroniques au poids infini, pimentées d’une chicuelina et d’une media de gala.  

Ensuite, le tercio de piques sera correct sans tomber dans l’extraordinaire et Morante a éprouvé quelques difficultés lors du quite.  

Chose exceptionnelle, Sébastien Castella a mis les 24.000 spectateurs debout dès le début de la faena. Après les cambiadas qui marquent l’introduction de ses meilleures œuvres, l’artiste a composé un enchaînement magistral d’inspiration et de « toreria » avec des figures de style qui resteront gravées dans le grand livre de Las Ventas.

Devant un Alcurrucun débordant de caste, de bravoure, de moteur et de fond, le grand mérite du Biterrois a été de se mettre au niveau de ce toro de vuelta.  

Toutes les séries ont été longues de sept ou huit passes, toutes réalisées par le bas, avec temple et intensité.

Et que dire de ces passes de conclusion qui obligeaient le toro à prolonger sa charge en se pliant le nez collé au sable ? 

Une faena exceptionnelle, peut-être la meilleure de sa carrière.  

De celleq qui font de la tauromachie un art unique. Cet art instantané dont les plus grandes œuvres restent gravées pour l’éternité dans la mémoire des aficionados. 

Une faena historique qui fera même oublier aux 24.000 spectateurs et au président leur habituelle orthodoxie, et l’épée très moyenne du maestro, pour accorder deux oreilles tellement l’émotion était importante.   

Au regard des statistiques, cette nouvelle grande porte permet d’encrer toujours plus le statut de Castella dans l’histoire du toreo.

Deux fois numéro un, vingt oreilles à Las Ventas, il dépasse, avec cette 4ème grande porte, des grandes figuras du toreo comme Belmonte, Ponce ou Manzanares (père) et rejoint son idole Joselito et Manolete. 

La mutation engagée en 2014 consolidée par la remise en cause avec son nouvel apoderado cet hiver promettent un avenir radieux.  

Dès le 4 juin pour son dernier paseo de la San Isidro face aux Adolfo Martin ?

 

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