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24/06/2015

Débat purement biterrois: Connivence ou incompétence ?

P1010181.JPGDepuis huit ans, certains membres de la Commission taurine actuelle de Béziers (et pas les moins influents !) m’accusent ou me suspectent de connivence avec l’empresa Robert Margé.

Et ce n’est pas le dernier papier publié ce mardi sur l’affiche de la Feria dans Midi Libre qui va accroître ma cote de popularité ! 

A une époque, ces mêmes personnes m’accusaient déjà des mêmes maux envers Sébastien Castella et j’avais eu droit à une attaque frontale dans un hebdomadaire, depuis défunt, sous la thématique « quand le Sébastiannisme va trop loin » que j’ai conservé comme un précieux sésame.


En début de carrière, certains membres de Tendido 7, dont je faisais partie à l’époque (avant ce fameux article), critiquaient publiquement Sébastien Castella devant un parterre d’une centaine d’aficionados au cours des controverses en pleine Feria.

En bref, il était mauvais, il se faisait trop attraper, il n’y arriverai jamais !

En voulaient-ils à Castella ? Je ne pense pas.

Sébastien était victime d’avoir pour mentor leur ennemi héréditaire, Robert Margé.  

A l’époque, nous étions seulement deux pour défendre le 1er matador de toros biterrois de l’histoire. Un ami peintre bien connu et votre serviteur.  

Peut-être ces excellents aficionados (je le pense sincèrement, il n’y a pas d’ironie) oubliaient-ils que quand on veut toréer dans un certain sitio sans maîtriser encore toutes les finesses techniques, cela se traduit pas de nombreuses volteretas. 

Depuis ces triomphes à Madrid, et son envol de l’écurie Margé, ces personnes affichent Sébastien comme un étendard après l’avoir vertement critiqué.

On leur pardonnera car seuls les cons ne changent pas d’avis. Et, aujourd’hui, ils soutiennent franchement Cayetano Ortiz dans son début de carrière (même s’ils oublient parfois qu’il existe un 3ème matador de toros à Béziers…). Leçon retenue. Dont acte. 

Depuis de nombreuses années, on m’accuse également d’être dithyrambique sur les performances des toros de Margé car je serais à la botte du patriarche.  

C’est leur droit de le penser et je peux comprendre que les bonnes relations que j’entretiens avec son fils Olivier (je ne dirai pas amitié car je n’aime pas galvauder ce terme comme la majorité des taurinos !) puissent alimenter le quiproquo.  

Mais je les invite à comparer les chroniques de Midi Libre avec les médias espagnols et nous sommes souvent plus sévères (« vuelta généreuse », soutien de Fandiño devant un Margé moins exceptionnel que le ressenti du ganadero en 2013, corrida de Palavas cette année, échec de Nîmes pour les vendanges…).  

Après, Midi Libre n’est pas « Toros » et il ne s’adresse pas à des spécialistes pour dire que le toro a la queue en l’air et la tête en bas sous le peto ou que l’épée est traserita et tendida…  

Et je ne suis pas certain qu’en affichant uniquement les aspects négatifs de la corrida dans un média généraliste, on serve la tauromachie.

Les antis le font déjà très bien. 

Mais, je suis prêt à accepter cette critique. 

En revanche, être au centre d’un début de pugilat au cours de la Commission taurine à la veille de l’annonce des cartels de Béziers, me surprend.

Et surtout traduit une incompétence certaine. 

Quels sont les reproches (selon les propos recueillis chez quelques amis toujours présents dans la CTEM) ? 

Stéphan Guin, et son ami qui travaille pour un média espagnol (vous l’aurez reconnu, on se connaît depuis 35 ans et partageons sans modération cette passion !), ont les faveurs de l’empresa car ils publient la majorité des cartels avant la Feria.  

Vous imaginez Robert Margé venir nous trouver pour donner sa programmation et se mettre à dos la nouvelle commission taurine ?

Je suis même convaincu que voir fuiter les « avances » dans la Presse dérange plus Margé que cela ne le sert. 

Certains membres de la CTEM sortent visiblement peu de Béziers ou de leurs bastions de Vic et Céret (de très beaux bastions au demeurant !!!). Ou ont une vision bien ancienne du mundillo taurin. 

Les cartels de Béziers, on les connaît dès le mois de mars.

A 95%.  

Pourquoi ?  

Déjà, Béziers n’est pas réputé pour sa créativité dans les élevages et la conception de sa Feria. La recette est immuable : deux corridas pour figuras, puis les Margé et les Miura. Et un 5ème paseo quand le 15 août est un mercredi. 

Ensuite, quand vous partez 15 jours au campo l’hiver et visitez 30 élevages, vous discutez avec les ganaderos et les toreros de passage lors des tentaderos. 

Les questions sont toujours les mêmes.

« Tu vas où cette année ? Tu torées avec qui ? Tu fais les Garcigrande à Béziers ? Avec qui tu tues la corrida de Miura ? Il paraît que … c’est vrai ? Il va reprendre Pierre plutôt que Paul car il a fait un geste à la liquidation l’an dernier… »  

Bref, les habituelles rumeurs du mundillo digne d’un mercato de football.

Ensuite, chaque journaliste échange pendant les Fallas et en Arles et en recoupant nos informations, on en déduit les cartels. Facile, avec un peu de curiosité et de présence sur le terrain. 

Voilà la vérité et tous les journalistes taurins peuvent en attester.

Alors si les critiques récurrentes de certains membres de la CTEM traduisent finalement le fait d’avoir fait mon boulot, je les remercie chaleureusement pour ce compliment déguisé ! 

De mon côté, j’invite certains membres de la CTEM a faire preuve de discernement et ne pas se tromper d’objectif.  

Que les Margé arrivent 3 jours avant ou pas dans les corrales ou voir les « avances » de cartels dans la Presse n’est certainement pas un sujet. 

En un an, on peut attribuer deux bons points à la nouvelle municipalité : la Présidence unique (développer l’exigence et l’homogénéité des décisions doit donner de la catégorie à l’arène à terme) et l’installation du nouveau Musée taurin qui sont de vraies avancées.

Il faut donc poursuivre dans cette direction et se consacrer aux sujets essentiels avec les minces pouvoirs de la CTEM.

Plutôt que d’exiger l’arrivée des Margé trois jours avant, il faudra s’interroger si leurs performances 2015 justifient un retour en 2016.  

Quelle place pour le rejon à Béziers alors qu’il draine les foules à Nîmes et Arles et on possède une rejoneador très populaire en France et des stars comme Ventura, Mendoza ou Cartagena produisent des spectacles magnifiques ?  

Quid de la venue d’Albaserrada et Santa Coloma à Béziers ?  

Faut-il garder un poste vacant au moment de l’annonce de la Feria pour ouvrir la porte à un torero révélation de la temporada (on verra Lopez Simon au mieux en 2016) ? 

Comment trouver un partenariat ou un modèle économique pour développer la temporada biterroise (spectacles en plus pour la Feria, corrida des vendanges …) ? 

Quelle politique tarifaire pour attirer les jeunes et renouveler l’aficion ? 

Le Festival de fin de saison sera un début de réponse à ces questions. 

Autrement dit, l’influence de quelques membres opposants de longue date à l’empresa actuelle ne doit pas faire oublier l’essentiel dans les débats ? 

Pour ceux qui me (nous) suspectent de connivence, je tiens à les rassurer.  

Si un jour l’empresa de Béziers s’appelle Bonnafé, Jalabert, Casas, Sara, Choperita ou Lozano, Midi Libre sera toujours présent pour mettre en valeur notre magnifique culture taurine dans la Région.  

Etant un optimiste de nature, je suis convaincu que ces membres de la CTEM mettront de côté les attaques de personnes et se recentreront rapidement sur l’essentiel : la place du Toro et l’avenir de la Fiesta à Béziers. 

Le contenu des débats qui seront tenus ce jeudi au cours de la CTEM diront si mon optimisme est illusoire…  

Stéphan GUIN

 

Commentaires

stefan, je suis tout à fait d'accord avec toi. Cette ctem ne défend pas la tauromachie biterroise mais règle ses comptes. Malheureusement tous les membres n'osent pas prendre position devant les têtes pensantes de cette commission de peur de perdre leur place! Quel courage ! Peut être faudrait-il qu'une partie de ces membres soit renouvelable chaque année et qu'une partie des abonnés des arènes viennent y prendre part pour limiter le copinage ...

Écrit par : Jeroques | 24/06/2015

stefan, je suis tout à fait d'accord avec toi. Cette ctem ne défend pas la tauromachie biterroise mais règle ses comptes. Malheureusement tous les membres n'osent pas prendre position devant les têtes pensantes de cette commission de peur de perdre leur place! Quel courage ! Peut être faudrait-il qu'une partie de ces membres soit renouvelable chaque année et qu'une partie des abonnés des arènes viennent y prendre part pour limiter le copinage ...

Écrit par : Jeroques | 24/06/2015

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