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28/06/2015

Le fiesta est belle...

TORO 3.JPGAlors que les aficionados se battent trop souvent pour promouvoir leur sensibilité et cherchent à démontrer que le bon aficionado doit-être torista ou torerista, ils servent souvent la cause anti-taurine. 

Pourtant, comme toute activité artistique, sa beauté réside dans sa diversité.  

La Fiesta traverse un moment difficile puisque les activités culturelles sont toujours bousculées par la crise économique et quelques radicaux, les antis, se plaisent à la remettre en cause. 

Pourtant, si on veut porter un regard résolument optimiste, la Fiesta traverse un moment porteur d’espoirs. 

Quelques bastions toristes consolident leur position avec des corridas encastées portée par des ganaderias dites dures qui ravissent les aficionados. Les Albaserradas d’Escolar, Victorino ou Adolfo lidient chaque année des corridas notables et dans un autre registre les Cuadri, Miura ou Morena de Silva valorisent parfaitement le toro brave face à des toreros belluaires. On pourrait également évoquer la bravoure des élevages Buendia (Rehuelga, La Quinta et, espérons-le, un retour rapide des Flor de Jara qui reconstruisent leur camada) qui fait honneur à la Fiesta.


Plutôt que rester nostalgiques des Ruiz Miguel ou Campuzano(s), félicitons nous du toreo des Robleño, Escribano (qui n’est plus qu’un excellent poseur de banderillas) ou le Rafaelillo de Madrid en priant pour que Sergio Aguilar retrouve le sitio qu’il mérite ou Castaño redevienne rapidement le torero de la lidia complète. 

Dans un autre registre, quelques ganaderias dites pour figuras font honneur à la tauromachie comme les Garcigrande voire les Jandilla qui montrent régulièrement une bravoure exemplaire. 

Là aussi, on trouvera des toreros propres à satisfaire chaque sensibilité. Diego Urdiales et Lopez Simon ne demandent qu’à gravir la dernière marche pour devenir figura dans les corridas dites intermédiaires.

Et ojala que Fandiño se remette rapidement de l’échec de Madrid pour redevenir ce torero qui a bousculé l’establishment pour s’imposer comme figura. 

Chez les artistes, il y a encore plein de maestros propres à satisfaire chaque sensibilité. Les métronomes avec El Juli ou Perera, le beau gosse Manzanares qui séduit autant qu’il dérange, sans oublier les détails de Ponce. Ou la sublime singularité de Talavante.  

On pourrait également citer les artistes avec Morante ou Finito dont les détails offrent un spectacle différent à l’aficion.  

Rajoutons Sébastien Castella qui traverse une période cumbre et qui s’installe définitivement comme une figura del toreo. 

Un seul bémol dans ce panorama.

Le meilleur de tous, José Tomas, qui devrait s’imposer comme l’étendard de la Fiesta mais qui s’auto-exclu de la temporada et du circuit des grande ferias. Una « pena » tant le Monstre de Galapagar a tout pour devenir l’égal des Manolete, Ordoñez et pourrait faire passer la Fiesta dans une autre dimension tant sa personnalité et son toreo sont extraordinaire. 

Personnellement, je suis autant captivé par les Cuadri, les Albaserradas que Tomas, Morante et consort.

Concernant le rejon, je suis un piètre connaisseur et mon aficion est réduite. Mais là aussi, la Fiesta possède de grands rejoneadors comme Mendoza, Ventura ou Andy et une nouvelle génération est prête pour bousculer l’ordre établi. 

La France n’a pas à rougir dans ce contexte. Plusieurs élevages comme Margé ou Laugier sortent des toreros dignes des meilleures ganaderias et Sébastien Castella et Juan Bautista peuvent légitimement revendiquer un statut spécial dans l’escalafon.

Je suis convaincu que des jeunes maestros comme Thomas Joubert, et je lui souhaite, Cayetano Ortiz pourront s’imposer rapidement dans les Ferias.

Et que dire de cet élan pour Lea Vicens dont la féminité et le charisme peuvent amener un nouveau public aux arènes ? 

Alors respectons les sensibilités artistiques de chacun, et faisons la promotion de la Fiesta, car notre culture a un bel avenir devant elle si les taurinos et les aficionados savent la valoriser…

De Nîmes à Dax, en passant par Vic ou Céret, la France taurina a un bel avenir avec une diversité artistique propre à satisfaire tous les publics…

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