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30/10/2015

Temporada 2015: Entretien Lea Vicens pour Midi Libre

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Cliquer sur photo pour visualiser album de Lea Vicens réalisé à Espartinas

Retour sur l'entretien réalisé pour Midi Libre Nîmes.

Depuis, Lea a conclu sa temporada en ouvrant la grande porte de Zaragoza pour la clôture du Pilar.

Au lendemain de la Feria de la San Miguel à Séville, Midi Libre est allé à la rencontre de Lea Vicens sur son lieu d’entraînement.

Pendant quelques jours, elle avait délaissé son lieu habituel de préparation dans la finca des frères Peralta à la Puebla en travaux, pour poser son camion et sa cavalerie dans l’Hacienda del Vizir à Espartinas, un lieu somptueux à quelques encablures de Séville avec une vue imprenable sur la pleine d’oliviers andalous.

 


DSC_2361.JPGLe cadre est paradisiaque mais les journées de travail sont longues et fatigantes ce qui laisse peu de temps libre à l’Amazone nîmoise, titulaire d’une licence de biologie, pour travailler son Master de vétérinaire et profiter des charmes de Séville.

Après avoir salué le torero Arlésien Juan Leal qui se préparait dans la placita de tienta mitoyenne, la cavalière Nîmoise a dressé le bilan de sa temporada 2015 où elle confirmé sa progression très rapide et lever le voile sur le contenu de sa préparation au campo.

Ce dimanche, elle mettra un terme à sa saison à Zaragoza pour la Feria du Pilar. Avec Fermin Bohorquez et Pablo Hermoso de Mendoza  (toros de Bohorquez) comme à la dernière Feria des Vendanges qu’elle avait abordé fortement diminuée.

Après votre alternative l’an dernier, 2015 a marqué une avancée importante dans l’échiquier du rejon…

En effet, cette temporada s’est traduite par une grosse évolution tant au niveau de mes chevaux que personnellement comme torero. J’ai également gagné en expérience, progressé avec le rejon (estocade) ce qui m’a permis d’ouvrir les grandes portes dans quasiment toutes les Ferias françaises et espagnoles.

Je suis sorti « a hombros » à Nîmes pour Pentecôte, Arles, Dax et Bayonne. En Espagne, j’ai également triomphé à Ronda, Alicante, Almeria, Teruel et dans de nombreuses arènes de moindre catégorie.

 

Votre position dans le top de l’escalafon des toreros à cheval doit-être une belle satisfaction. Pensez-vous être en mesure de concurrencer le trio de tête?

Je suis professionnelle depuis peu de temps et même si je progresse à grand pas, il faut avancer petit à petit sans brûler les étapes. Mais sans trop tarder non plus !

C’est évident que je ne suis pas au niveau de DiegoVentura et Hermoso de Mendoza qui sont vraiment au-dessus de tous les autres rejoneadors. Ce sont deux maîtres incontestables.

En revanche, je suis en compétition avec un groupe de 4 ou 5 cavaliers pour les accompagner dans les Ferias. Je pense avoir ma place dans des grands cartels à leur côté.  

DSC_2246.JPGIl vous reste encore à passer l’étape des débuts à Madrid …

La présentation à Las Ventas fait partie de mes projets pour la prochaine temporada. J’ai acquis de l’expérience en toréant une trentaine de corridas cette année (en réalité 25 paseos pour 45 oreilles et une queue et huit corridas annulées suite à sa blessure de fin de saison) et je me sens prête pour débuter à Madrid. 

En revanche, vous n’avez pas été à votre meilleur niveau aux Vendanges à Nîmes. La blessure subie quelques jours avant vous a t’elle handicapée ?

Personnellement, j’estime que les choses se sont bien passées en coupant une oreille même si je n’ai pas ouvert une seconde fois la Porte des Consuls cette temporada.

Effectivement, j’étais très fatiguée ce jour-là car j’ai été hospitalisée en urgence quatre jours avant. J’ai fait un petit coma et je me suis réveillée deux heures après le violent choc reçue dans l’arène. J’étais atteinte physiquement avec de fortes douleurs au cou et aux vertèbres.

Entre ces blessures, de forts mots de tête et la pression de la temporada qui retombait, je manquais de force. J’ai annulé deux corridas pour me reposer et préparer cette corrida.

Si ce n’était pas un paseo à Nîmes qui me tient tant à cœur, je n’aurai pas toréer car je n’avais pas recouvré tous mes moyens.

Depuis, vous avez pris du repos avant votre dernière corrida ce dimanche à Zaragoza ?

Après avoir fait cet effort pour toréer à Nîmes, j’ai annulé six corridas pour récupérer et me préparer pour cette dernière corrida importante de la saison à la Feria du Pilar.

C’est un grand cartel avec Pablo Hermoso de Mendoza et Fermin Bohorquez même si je regrette que la télévision espagnole diffuse toute la Feria à l’exception du rejon (Nota: Lea Vicens a ouvert la dernière grande porte de la Feria du Pilar pour cette corrida de rejon). 

En vous retrouvant à l’entraînement au campo, on vous sent épanouie dans votre vie près de Séville. Pouvez-vous nous décrire votre quotidien ?

Tous les jours, je monte mes quinze chevaux pendant une douzaine d’heures. Les journées débutent le matin à 8h30 et cette première session dure 6h. Après une pause, je reprends l’après-midi pour terminer mon entraînement vers 22h. Comme vous l’avez constaté en deux heures, je viens de monter quatre chevaux.

C’est un rythme très soutenu qui peut rapidement devenir fatigant. Quand tout va bien, je pourrais monter une vingtaine de chevaux tous les jours sans difficulté. Mais quand tu as des petits soucis et que moralement je ne me sens pas au top, tu ressens alors la fatigue physique et le corps souffre.  

Quels sont vos projets pour cet hiver ?

Je ferai l’impasse sur la temporada en Amérique Latine car je veux investir sur la préparation de mes chevaux. Se préparer en rejon est beaucoup plus dur et contraignant qu’un entraînement à pied où l’on peut toujours mettre la muleta dans la voiture.

Je vais poursuivre la préparation de quatre nouveaux chevaux pour 2016, un de chez Peralta et trois Lusitaniens, dont deux ont le potentiel pour devenir figura. Cela densifie mon écurie qui sera composée la prochaine temporada de quinze chevaux confirmés. 

Quel intérêt d’avoir autant de chevaux ?

Cela me permet surtout d’exécuter des rotations dans mon écurie entre les corridas. De plus, le public apprécie beaucoup de découvrir de nouveaux chevaux chaque année.

Comment se compose votre préparation ?

C’est un travail très varié. Comme le toreo de salon pour les toreros à pied, je fais du « carreton » tous les jours (simulation d’un combat face à une tête de toro factice).

J’alterne ensuite avec de nombreuses heures de dressage qui sont fondamentales dans la progression des chevaux au quotidien.

Ensuite, on peut s’entraîner face à des vaches et faire de la détente pour faire balader chaque cheval. C’est une préparation variable et sur mesure selon chaque animal. C

ertains font du carreton tous les jours mais ma jument « Guitara » ne le supporte pas. Du coup, elle ne torée que dans les arènes ou face à des vaches s’il faut apporter des corrections.

D’autres chevaux, au contraire, ne supportent pas d’affronter des vaches. C’est le cas de « Betico » qui ne fait que du carreton et l’arène. Il faut vraiment connaître la personnalité de chaque cheval pour déterminer sa préparation.

C’est pour cela que je tiens à les former dès leur plus jeune âge plutôt qu’en acheter des expérimentés. 

 

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