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24/05/2016

L’heure de vérité pour la Feria de novilladas de Boujan

logo.jpgLa Feria du novillo fêtera sa deuxième édition du 3 au 5 juin. Du succès populaire des deux novilladas d'Escolar Gil et de celle du Curé de Valverde dépend sa pérennité…

Trois mousquetaires se sont retrouvés autour d’une passion commune : la tauromachie et le toro brave. Michel Bouisseren, Marin Laval et Manuel Sauveplane sont souvent devant la scène pour présenter les cartels, le campo de Feria ou conquérir des partenaires.

Comme toujours, ces mousquetaires sont quatre car œuvre avec efficacité Philippe Combes même s’il reste toujours très discret.

Ces quatre aficionados ont lancé l’an dernier un projet inattendu et incongru. Créer une Feria de novilladas dans une période où toutes les arènes expliquent que le salut de la tauromachie passe par des cartels plus compacts.

Organiser trois spectacles dans le Biterrois est une idée un peu folle alors que le nombre de vrais aficionados est très réduit et que la tauromachie n’existe traditionnellement que quatre jours par an pendant les Festivités du 15 août.

Ces quatre types ont mis toute leur passion, se sont entregués dans ce projet et ont fait preuve d’un courage digne des novilleros qui affronteront les Curé de Valverde ou les Escolar Gil pour ce premier week-end de juin.

Certains ont même souri ou snobé l’événement l’an dernier. Habituelles querelles de clocher et franche proportion à critiquer plutôt que s’engager et créer.

La bande des quatre a largement remporté son pari l’an dernier.


Un campo de Feria magnifique, avec des accents andalous où sens de la fête, bon goût ont satisfait aficionados, partenaires et familles sans tomber dans les excès de certaines ferias.

Sur le sable, l’organisation a également montré son professionnalisme. Aucune fausse note dans l’arène, présence du futur numéro un de l’escalafon (Roca Rey), de novilleros de la qualité de Galdos ou Vanegas. Le Vénézuelien sera ensuite sacré triomphateur de la temporada du sud-est. Côté bétail l’accent toriste était de mise avec les Partido de Resina et les Cebada Gago au jeu excellent.

Pari remporté avec un équilibre économique trouvé grâce au succès du campo de Feria et la confiance des partenaires.

En revanche, la taquilla a déçu pour la corrida de Cebada avec une demi-arène.

Si les aficionados ne se mobilisent pas pour remplir les arènes de Boujan, les quatre

mousquetaires pourraient se lasser et abandonner cette Feria de novilladas, un format qui a ses fidèles en Espagne et dans le sud-ouest. Mais qui reste marginal dans notre région.

Modestement, et sans donner l’exemple car samedi je serai à Madrid pour Midi Libre avec la présentation de Lea Vicens, j’appelle à une mobilisation de l’aficion.

N’ont pas parce que je connais et j’apprécie la passion de trois de ces organisateurs.

Plus simplement, j’y vois un acte militant pour au moins deux raisons.

1/ Certes, je respecte énormément le travail mené par l’Observatoire, André Viard ou

localement par Hugues Bousquet. Faire du lobbying, proposer des textes de Loi est une intention louable qui a connu de francs succès.

Mais je suis convaincu que la meilleur façon de défendre la corrida est de remplir les tendidos.

L'avenir de la Fiesta passe par le maintien des novilladas non piquées ou piquées.

Se répandre sur les sites taurins, manifester témoigne de la mobilisation de l’aficion est toujours positif. Mais venir soutenir de nouvelles initiatives en faveur de la Fiesta permet de la pérenniser et la renouveler.

C’est le délitement progressifs des cartels de Barcelone qui a causé l’interdiction en Catalogne. Pas certains que les Parlementaires aient pris la même décision quand la Monumental était LA plaza de référence dans les années 60 et 70…

2/ Venir soutenir les ganaderias que l’on nomme improprement minoritaire. La majorité de l’aficion à Nîmes critiquait les cartels 100% Domecq. La plupart demande plus de diversité dans les encastes des Ferias. Même la Mecque Bilbao n’a présenté qu’une seule corrida réellement toriste l’an dernier !

Là encore, critiqué sur des blogs taurins le monople Domecq est une position respectable. Mais si les Ferias qui proposent d’autres encastes dans la Région

font le vide, cela donne raison à ceux qui limitent le toreo à un encaste et la lidia à la muleta en snobant le tercio de brave, en privilégiant le fond et la noblesse à la caste et la bravoure.

Céret et Vic Fezensac sont aujourd’hui des références toristes en France et en Espagne. Les novilladas du sud-ouest également. On ne peut qu’inviter les aficionados « a los toros » à venir soutenir cette feria émergente dans ce village qui fait la promotion de la Fiesta avec trois ferias dans la temporada. Qui propose trois novilladas toristes et met l'honneur le tercio de piques en investissant sur la cavalerie Bonijol.

D’autant que les abonnements proposés restent abordables avec 50€ pour trois spectacles.

L’avenir de ces trois novilladas en dépend certainement.

Alors, mucha suerte à la Feria de Boujan et ojala que l’aficion réponde présente…

 

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