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21/10/2016

Entretien Lea Vicens sur bilan temporada 2016

entretien Lea VicensEntretien publié par Midi Libre dimanche dernier

Depuis son camp de base, dans le ranch « El Rocio » à la Puebla (Séville), la cavalière Nîmoise a reçu Midi Libre pour dresser le bilan d’une temporada où elle termine en tête de l’escalafon avec Diego Ventura. 

On vous imagine satisfaite de cette saison où vous avez torée dans les plus grandes arènes…

Je suis évidemment satisfaite de cette temporada. C’était  une année charnière dans ma carrière car nous avions fait le pari d’intégrer le circuit de toutes les grandes ferias. Avant ma dernière corrida à Zaragoza (le 16 octobre), je suis en tête de l’escalafon des rejoneadors avec 35 corridas et 57 oreilles.

C’est un réel plaisir et une belle reconnaissance de mon investissement.

J’ai triomphé dans des arènes aussi importantes que Lisbonne, Nîmes, Badajoz, Dax, Ronda ou Vitoria et au total j’ai ouvert vingt grandes portes et  je figure dans le top 3 des oreilles coupées dans les plazas de première catégorie. Autre point de satisfaction, cette saison est allée crescendo car, depuis le mois d’août, je suis quasiment sortie « a hombros » à tous mes paseos.

2016 est particulièrement importante car elle marque une progression dans mon toreo et mes chevaux.


 

entretien Lea VicensCette régularité traduit également une évolution aux estocades qui vous a fait perdre de nombreux succès dans le passé…

C’est vrai que la conclusion a longtemps été mon tendon d’Achille. Mais, depuis l’an dernier, j’ai trouvé le sitio avec le rejon ce qui s’est traduit par une régularité importante dans les trophées.

Les spécialistes vous ont toujours reconnu comme une cavalière d’exception. Comment expliquer les progrès dans votre toreo ?

Ces résultats sont le fruit de l’expérience, de talent certainement, mais surtout d’un travail important au quotidien. Pour mieux comprendre les terrains et améliorer mon écurie.

Comme vous le constatez,  j’ai terminé ma temporada à Pozoblanco dimanche. 48h après, nous sommes au ranch El Rocio, chez Don Angel Peralta, pour préparer la saison prochaine en montant dix heures par jour.

2016 a été marquée par une confirmation d’alternative particulièrement réussie à Madrid…

Las Ventas, comme Bilbao, m’ont témoigné beaucoup de chaleur au cours des paseos pour mes débuts dans ces arènes où la responsabilité est énorme.

Le public s’était intéressé à mes performances passées et je suis heureuse que certains aficionados se soient déplacés spécialement à Madrid pour me voir.

Mais, ma principale satisfaction est d’avoir convaincu ces grandes arènes par mon toreo car ils m’ont applaudi trois fois plus encore à ma sortie. Sur ces deux corridas, j’ai démontré que j’étais capable de réaliser de grandes faenas face aux bons toros. Mais également, j’ai prouvé mes capacités pour résoudre les difficultés face aux toros compliqués.

entretien Lea VicensMaintenant que vous figurez dans le top 5 des toreros à cheval, les autres cavaliers sont-ils toujours aussi courtois avec vous dans ce milieu très machiste ?

Je vois bien que certains font la tête dans le callejon quand j’ouvre la grande porte mais je considère leur comportement comme une marque de respect et ma reconnaissance comme rejoneador.

Pablo Hermoso Mendoza m’a fait le plus beau des compliments dans un entretien en affirmant que je n’étais pas une femme qui torée à cheval, mais un concurrent. 

Vous semblez avoir franchi un palier cette année. La présence de Simon Casas est-elle l’explication ?

J’ai surtout la chance d’être bien conseillé depuis toujours ce qui explique ma réussite actuelle. Don Angel Peralta, depuis le début, et ensuite Marie Sara ont parfaitement géré ma progression en me faisant beaucoup toréer, environ 35 corridas chaque année, dans les petites arènes puis en commençant dans plusieurs grandes ferias en 2015.

Volontairement, ils m’ont protégé dans certaines ferias à responsabilité le temps d’acquérir l’expérience nécessaire. Ensuite, cette année, Simon Casas m’a permis de débuter dans des arènes aussi importantes que Bilbao et Madrid, où j’ai réalisé deux de mes meilleurs après-midis.

Du coup, j’ai reçu des échos très favorables des professionnels et des aficionados au cours de ces corridas télévisées en direct.  

Simon Casas m’a construit une année rêvée au niveau de la programmation ce qui démontre une fois de plus la grandeur de cet apoderado. Je suis très reconnaissant à ces trois immenses professionnels qui m’ont aidé à devenir numéro un de l’escalafon.

Ferez-vous vos débuts en Amérique cet hiver ?

Non.

Je préfère investir sur la préparation de nouveaux chevaux pendant les prochains mois.

Au 14 actuels dans mon écurie, j’en prépare quatre supplémentaires pour toréer la prochaine temporada. 2016 m’a permis de m’installer parmi les meilleurs toreros à cheval et l’objectif est de continuer à progresser et enchaîner les succès.

Pour rester un rejoneador reconnu comme Mendoza, Ventura, Cartagena ou Hernandez. 

entretien Lea VicensMaintenant que vous-êtes installée parmi les meilleurs toreros à cheval, prévoyez-vous un geste spécial dans vos arènes, à Nîmes ?

Vous me prenez de cours. Rien n’est prévu à ce jour, mais Nîmes est mon arène et elle me tient particulièrement à cœur. C’est l’empresa qui décidera de la programmation pour la prochaine Feria de Pentecôte. 

Justement, Simon Casas est votre apoderado, que pensez-vous de son accession aux arènes de Madrid ?

Son accès à la direction de Las Ventas est très bénéfique pour la tauromachie. Il apparait comme un sauveur car il a des idées et veut faire progresser les usages dans  un milieu où il est difficile de créer de nouvelles choses.

C’est un innovateur et il fait preuve de beaucoup d’intelligence dans ses programmations.

C’est merveilleux pour la Fiesta et mérité pour Simon Casas. 

Stéphan GUIN

entretien Lea Vicens

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