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25/11/2016

Un quart de siècle sans lui, et pourtant, il est tellement présent...

NIMENO.jpgComme l'a fait mon papa, j'ai amené mes enfants à 3 ans  dans les tendidos des arènes. Pour leur transmettre cette culture, ma passion.

Les premières images dont je me souvienne de la corrida sont les mardis soirs à l'Union Taurine Biterroise où je buvais les paroles de M.Berlandier et Max Tastavi.

Dans les arènes, le flash de cette passe de rodilla de Christian Nimeno à Béziers demeure toujours. On était en 1979, il était habillé d'un costume marron. 

J'avais 7 ans.

C'est mon premier souvenir dans les tendidos. Une magie. 

Ensuite, j'ai eu la chance de croiser souvent Christian après les tientas ou les corridas. Le gamin que j'étais avait la chance de recevoir des petits cadeaux de son Zidane à lui: des cartels d'Amérique, des photos, une ayuda -que je conserve jalousement- qui a torée à Mexico.

Des conseils aussi qui restent dans ma mémoire. Sur l'importance de l'école, la nécessité de se dévouer totalement pour réussir ses objectifs.


Cette douceur, cette mélancolie et cette gentillesse qui transpirait de l'homme et qui contrastait tant avec le gladiateur sur le sable.

Christian a connu des hauts, des passages difficiles, mais chaque rencontre était un privilège tant il rayonnait par sa gentille, son regard profond, sa passion, sa pureté.

Il était le premier, le plus grand en France. Le père de Sébastien et Jean-Baptiste.

Un modèle dans la vie.

Notre dernière rencontre était en 1989, j'avais 17 ans, le matin de la Miurada de Béziers à l'Imperator.

Toujours aussi accessible, toujours aussi avenant.

Rencontre furtive de quelques minutes tant il était fatigué par cette longue temporada qui sonnait son renouveau après sa performance à la Feria d'Otono à Madrid en octobre 1988.

15 jours après Panolero est arrivé.

Tout le monde connait la suite.

Il est parti, il nous manque tant et pourtant, il semble toujours être là.

Avec son teint pale, cette voix si singulière, ce regard, cette passion, ce rayon de soleil.

Difficile de poser des mots sur un personnage si exceptionnel.

Je laisserai en conclusion une réponse de Sébastien Castella dans sa finca près de Huelva au cours d'un entretien réalisé avant son solo à Béziers.

A la question, tu es fier d'être la première figura del toreo française?

Sa réponse a fusé!

"Non, tu te trompes. La première figura del toreo en France, ce n'est pas moi.

C'est Nimeno.

C'était un grand torero.

Une figura.

Et je tiens à ce que tu l'écrives..."

La tauromachie française est orpheline de son maestro.

Son visage juvénile restera à jamais car il a fait sienne la phrase que prononcera deux décennies après José Tomas: " vivir sin torear, no es vivir..."

Quand on voit Simon à Madrid, Sébastien en figura del toreo, Christian aurait tant à apporter encore à notre tauromachie du haut de ses 62 ans. Et je suis certain que le visage se serait ridé mais le regard resterait aussi rayonnant et juvenile.

Descanse en paz mi maestro...

 

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