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17/03/2017

La Pena Monteblanco rend hommage à Manolete ce soir pour les 70 ans de sa disparition...

MANOLETE PORTRAIT.jpgPapier publié hier dans Midi Libre Béziers

Manuel Rodriguez « Manolete » est LE révolutionnaire qui a créé la tauromachie moderne.

LE torero qui a déclenché le plus de passion car les aficionados l’avait rapidement rangé comme une idole au style incomparable et un précurseur. Alors que certains puristes conspuaient sa tauromachie de profil considérée comme un artifice pour réduire l’exposition.

Manolete a même inspiré les musiciens de plusieurs générations en passant du Rock, au jazz (« la muerte de Manolete ») ou Vanessa Paradis et son célèbre « Manolo Manolete » de 1987.

Le 4ème Calife de Cordoue reste d’actualité et une référence pour les toreros actuels car il a été la source d’inspirations des révolutionnaires plus récents comme El Cordobes, Paco Ojeda ou José Tomas.


 

MANOLETE TOREANDO.jpgManolete c’est une carrière de météorite, débutée par une alternative en 1939 et terminée tragiquement sur le sable de Linares le 29 août 1947 après que sa fémorale n’ait été transpercée par la corne d’Islero lors de la mise à mort de ce petit toro de Miura dans un cartel composé de Gitanillo de Triana et la nouvelle star de l’escalafon Luis Miguel Dominguin.

Manolete s’est d’abord un personnage : un regard mélancolique, une figura del toreo jamais sevrée de l’influence de sa mère Dona Angustias, qui ne retrouvait le sourire qu’au Mexique ou dans les bras d’une star de Série B, Lupe Sino, qui l’entraînait dans les excès des nuits madrilènes.

Une icône que le caudillo Franco, pourtant peu aficionado, aimait voir car il provoquait des vagues de délire ce qui a valu au Maestro d’être taxé de Franquisme, très certainement à tort.

945491_371416049636950_1508198582_n.jpgManolete n’est peut-être pas le plus grand torero de l’histoire.

Alors que l’aficion fête le centième anniversaire de sa naissance, il reste LA légende du toreo car aucun maestro n’a laissé une trace aussi épaisse dans l’histoire alors que sa carrière a été éphémère : huit années d’alternative interrompues par une mobilisation comme soldat pendant la Guerre Civile.

Ce qui explique son absence des arènes françaises car Manolete ne s’y est produit qu’à deux reprises (Arles où il aurait porté son premier costume de lumières, et Nîmes le lendemain) à l’âge de 16 ans au sein de la troupe de comico-taurin « los califas »

Sa disparition tragique immortalisée par le photographe Cano y est certainement pour beaucoup alors que le maestro envisageait de prendre sa retraite.

Mais il serait injuste d’oublier les apports de Manolete à la tauromachie et dans la société espagnole.

Issu d’une dynastie de torero, il a connu des débuts chaotiques en s’entêtant dans  sa volonté de mener un toreo statique. Ses débuts sont parsemés de nombreux accrochages qui provoquaient quelques sarcasmes.


946751_367124470066108_761439693_n.jpgCette recherche du « sitio », ce point d’inflexion où le torero trouve le placement géométrique idoine pour provoquer systématiquement la charge du toro et masquer ses défauts, reste sa signature sept décennies après sa disparition.

Il a également inventé « l’aguante ». Cette capacité à ne pas frémir quand le toro fonce sur la muleta pour allonger et enchaîner les passes dans un mouvement continu. Cet enchaînement, l’essence de la tauromachie moderne, imposait un toreo de profil si décrié pour multiplier les passes dans le même timing.

Invitons donc les aficiados à visionner le court-métrage  « Manolete un torero en guerre » (vendredi 17 mars à 19h à la médiathèque de Montblanc) proposé par la Pena Monteblanco de Pascal Lopez.

Car connaître le parcours, le toreo et la personnalité du torero de Cordoba est un passage obligé pour comprendre la tauromachie moderne en passant de Paco Ojeda à José Tomas, sans oublier Sébastien Castella qui n’a jamais caché que Manolete l’avait inspiré.

SG

 

MORT MANOLETE PAR CANO.jpg

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