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09/04/2018

Reseña de la novillada de Pedraza à Garlin hier par Florent MOREAU...

GARLIN.jpgMais pour aller à Garlin, il faut passer par Aire.

Pour la première fois depuis ce foutu 17 juin 2017.

A Aire, là où coule l'Adour, il y a cette longue allée, et au bout les arènes.

En les regardant, on a encore du mal à réaliser le malheur qui s'y est tramé.

Une plaza de toros reste une plaza de toros, mais celle-ci, comme un vaisseau en béton, les jours de pluie, où il n'y a pas de corridas, n'offre guère un paysage joyeux. Il faut dire aussi que l'architecture des années 70, et l'urbanisme de cette époque-là en général, n'a pas fait que des choses heureuses.

Mais l'on retournera voir des toros et des toreros à Aire, bientôt. 


Pluie constante donc ce dimanche matin, sur le chemin de Garlin.

De quoi craindre un effet sur le déroulement ou non des deux courses de la journée.

En Espagne, ces derniers temps, il pleut beaucoup... sur les guichets aussi serait-on tenté de dire. Car pas mal de corridas de l'autre côté des Pyrénées ne sont plus annulées au moment du paseo à cause de la flotte, mais quelques jours auparavant pour cause de "prévisions météorologiques de pluie".

 


A Garlin, le temps très maussade n'a découragé personne, pas même le public, et encore moins les organisateurs qui se sont longuement démenés afin de remettre la piste en état. 
En appréciant les sorties de Pedraza de Yeltes, qui est encore un élevage récent, avec tant de vueltas aux toros, tant de saluts ou de vueltas du mayoral, et tant de distinctions en fin de saison... on ne peut s'empêcher de penser... à ce qu'étaient les Guardiolas.

Jusqu'à quatre fers dans la maison Guardiola.

Deux d'origine Villamarta, et bien sûr deux d'origine Pedrajas, dont le célèbre fer de María Luisa Domínguez Pérez de Vargas, plusieurs galeries de trophées à lui tout seul.

Toutes proportions gardées, Pedraza de Yeltes aujourd'hui, rappelle l'épopée et la régularité des Guardiolas.

Ce n'est pas la même origine, ni la même morphologie, mais il y a pas mal d'éléments en commun qui entraînent la comparaison.


Des six novillos combattus à Garlin hier après-midi, dans l'ordre Campeador, Medicito, Tontillo, Pomposito, Huracán, Fantasioso, aucun ne fut médiocre, et tous avaient du relief. Une belle et grande novillada, sérieuse en prestance, avec des novillos hauts, longs, et cette morphologie qui distingue Pedraza parmi tant d'autres élevages. Ces carcasses qui sont de loin reconnaissables.


Beaucoup de novillos hier furent applaudis à leur entrée en piste, et encore plus au moment de l'arrastre. Tour de piste au brave troisième "Tontillo". Des novillos qui malmenèrent la cavalerie, désarçonnant parfois les cavaliers, et supportant en tout cas les longues piques parfois administrées. Ensuite, de la mobilité, de la caste, de la vivacité, et une noblesse exigeante qui donne beaucoup de relief. 


Sur une piste pas forcément évidente à cause de la pluie, les Pedraza ont laissé cinq oreilles, plus ou moins généreuses et justifiées. Mais il faut en tout cas opter pour davantage de novilladas, et aller en voir. Parce que c'est l'avenir, et puis un lot de novillos qui bouge avec en face trois jeunes aux styles différents, c'est toujours d'un grand intérêt. 


Angel Jiménez s'était qualifié au cours de la fiesta campera matinale, avec déjà derrière lui de longues années en novilladas piquées. Il est annoncé pour le mois de juillet à Céret, et hier matin, il l'emporta face à son concurrent Rafael González, homonyme du banderillero et ancien matador... qui avait pris l'alternative en 96 à Céret. Lors de la novillada, Angel Jiménez développa un style très sévillan, avec de beaux gestes, du temple, de la profondeur, et par moments un peu trop de marge dans la distance avec ses adversaires, mais il coupa deux fois une oreille et laissa une bonne impression.


Antonio Grande, de Salamanque, est à revoir et doit acquérir plus de métier. Faenas longues malgré de la volonté, un lourd accrochage à son second, et surtout une bonne épée lors de son premier combat, ce qui lui permit d'obtenir un trophée. 


On constate que le béarnais Dorian Canton fait venir du monde aux arènes, autant à Mugron lundi dernier qu'à Garlin hier. Et il est un novillero surprenant. A tout juste 17 ans, il affrontait hier deux adversaires au volume beaucoup plus proche du toro que des erales et de la catégorie des non piquées qu'il vient tout juste de quitter. Au troisième "Tontillo", si l'épée lui fit défaut, c'est là qu'il laissa les meilleures sensations.

On ne l'attendait absolument pas à un tel niveau technique, et aussi avec un tel courage, en restant avec beaucoup de quiétude face aux charges vives d'un brave Pedraza. Il sut donner la distance dans les cites au cours de cette faena, et se fit sérieusement soulever, heureusement sans conséquences, avant d'enchaîner sur une très bonne série droitière. Là, en estoquant bien, il aurait déjà eu un beau triomphe. 

C'est le dernier Pedraza, longuement piqué, qui lui permit de repartir avec deux oreilles, largement plébiscitées par les gens qui avaient fait le déplacement pour le voir. Mais l'on ne va pas gueuler, car après tout, le "paisanaje", c'est-à-dire l'appui au torero ou novillero du coin, est quelque chose qui a toujours existé en tauromachie, aux quatre coins de la planète taurine. Dorian Canton doit avancer pas à pas, mais il semble, malgré son très jeune âge, techniquement prêt, avec quelques réglages supplémentaires, pour des rendez-vous importants, et devant des élevages variés. 


Quant à celui de Pedraza de Yeltes, il a permis une fois de plus de passer un après-midi sans ennui.

Florent MOREAU

GARLIN.jpg

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